Stephen Karekezi, consultant international dans le domaine des énergies renouvelables : «Il faut renforcer les échanges Sud-Sud»





• L’expérience tunisienne dans le domaine est très avancée M. Stephen Karekezi, consultant international dans le domaine des énergies renouvelables et directeur de l’Agence Africaine de recherche sur l’énergie AFREPREN, est parmi nous pour participer à un séminaire consacré aux défis de la mise en place de mécanismes nécessaires pour la promotion de ce genre d’énergie. Il répond à nos questions à ce propos. Le Quotidien : Quelles sont d’après-vous les difficultés qui entravent le développement de l’énergie renouvelable en Afrique? M. Stephen Karekezi : Il y a beaucoup de difficultés qui se dressent en obstacles contre le développement de ce secteur en Afrique. On peut les classer en trois points. D’abord, beaucoup de pays ne disposent pas de stratégie claire dans ce domaine, sauf dans les pays d’Afrique du Nord, en Egypte et en Afrique du Sud. Je crois qu’on ne peut pas réaliser un progrès quelconque si on ne dispose pas d’une vision claire à court, moyen et long termes dans ce domaine. La seconde difficulté est caractérisée par l’absence d’institutions spécifiques chargées de la gestion de l’énergie renouvelable. La troisième difficulté enfin est liée à la mobilisation des investissements nécessaires pour financer les projets. Il est nécessaire de disposer d’une politique claire en la matière pour mobiliser les investisseurs. Un projet viable, rentable, efficace et diversifié peut motiver les parties disposant de grandes ressources. • En pratique que faut-il faire concrètement? Il y a des expériences qui ont fait leur preuve dans quelques pays africains. Il faut s’en inspirer. Au Kenya, par exemple, l’utilisation de la géothermie a connu un succès remarquable. Les pays d’Afrique du Nord comme je vous l’ai dit auparavant constituent un modèle à suivre. De même l’Afrique du Sud. • Comment analyseriez-vous en tant qu’expert l’expérience tunisienne? L’expérience tunisienne est très avancée dans ce domaine. La Tunisie dispose en outre d’experts compétents en la matière. Je crois qu’il faut renforcer les échanges Sud-Sud dans le domaine des énergies renouvelables. Les experts tunisiens ont l’avantage de bien connaître l’environnement et ils sont bien adaptés pour jouer le rôle d’échange. La BAD doit encourager cet échange. La Tunisie a instauré un programme efficace en matière d’énergie éolienne, thermique et solaire. • Quelles perspectives pour les pays africains? Le continent africain est riche en potentialités énergétiques. Je crois qu’il est indispensable de tirer au maximum profit de ces énergies naturelles. L’échange d’expériences et d’experts en la matière est primordial. Entretien réalisé par Lotfi TOUATI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com