Confronté à une fronde du parlement : Qoreï dos au mur





Le Premier ministre palestinien Ahmad Qoreï se trouvait hier le dos au mur face à un parlement frondeur où ses détracteurs semblent déterminés à le faire tomber en refusant d'accorder leur confiance à son cabinet remanié. Le Quotidien-Agences Qoreï devait présenter son nouveau gouvernement hier au Conseil législatif (CLP, Parlement) mais la séance a été reportée à aujourd’hui devant la persistance de divergences au sein du Fatah, le parti au pouvoir de l'Autorité palestinienne, ont indiqué des sources parlementaires. Qoreï a été contraint de remanier radicalement son cabinet après le refus lundi du CLP de lui accorder sa confiance dans sa composition initiale. Les députés ont estimé que le cabinet tel que présenté par Qoreï ne serait pas à même d'appliquer des réformes, et ont exigé un changement radical par rapport au cabinet sortant, en place depuis novembre 2003. Les députés, y compris ceux du Fatah, le parti de Qoreï qui domine le CLP avec 62 sièges sur 83, ont notamment réclamé le départ de ministres associés à la corruption et une injection de sang neuf. Après ce camouflet, le Premier ministre a formé un "cabinet de technocrates" comprenant seulement deux députés du Parlement contre 15 dans le cabinet initial, mais il peinait toujours mercredi à le faire avaliser par les députés du Fatah, dont certains réclament ouvertement son départ. Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a entamé hier matin des discussions avec les députés du Fatah pour tenter d'arracher leur accord sur le nouveau cabinet. Qoreï (alias Abou Alaa), nommé Premier ministre par le défunt Yasser Arafat, n'était pas présent à cette réunion, ont affirmé des députés. "Tout est possible. Notre vote dépendra des noms qui nous seront présentés et si le cabinet n'est pas investi aujourd'hui nous allons discuter de la possibilité de la désignation d'un autre Premier ministre à la place d'Abou Alaa", a affirmé le député Abdel Fattah Hamayel, membre du Fatah. "La situation est très difficile, non seulement pour Abou Alaa mais pour nous tous", a renchéri Mohammad Chati, également du Fatah. Le député indépendant Jalal Al-Moussadar estime pour sa part que Qoreï doit être remplacé par un autre Premier ministre vu qu'il n'est pas parvenu à obtenir la confiance du CLP lors de la séance de lundi. "Retirer le gouvernement proposé signifie un échec à obtenir la confiance du CLP et la loi fondamentale prévoit dans ce cas la désignation d'un nouveau Premier ministre", affirme-t-il. Erakat a toutefois annoncé à la presse hier qu'il avait décliné l'offre de faire partie du cabinet. "Je me suis excusé car je suis député et ce gouvernement ne doit pas inclure de députés. Il ne doit pas y avoir d'exceptions", a-t-il dit. Le général Nasr Youssef, qui était en délicatesse avec le défunt dirigeant Yasser Arafat, et Nasser Al-Qidwa ont été retenus, respectivement à l'Intérieur et aux Affaires étrangères. Selon les mêmes sources, le nouveau cabinet voit le poste de ministre des Affaires civiles confié à Mohammad Dahlane, homme fort de la Bande de Gaza et ancien ministre délégué à la Sécurité. Enfin, le ministre des Finances sortant, Salam Fayad, dont les efforts pour assainir les finances d'une Autorité rongée par la corruption ont été salués à l'étranger, est maintenu à son poste.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com