Le bilan du séisme dépasse 550 morts : Téhéran n’appelle pas à l’aide





Le bilan du séisme qui a frappé le Sud-Est de l'Iran a atteint hier près de 550 avec la fin des recherches dans les villages les plus reculés, mais la République islamique n'appellera pas à l'aide étrangère, ont indiqué les officiels. Le Quotidien-Agences Les corps continuaient d'être extraits hier des ruines des villages de Houtkan et Dahouyeh, parmi les plus durement touchés par le séisme de 6,4 sur l'échelle ouverte de Richter survenu mardi matin dans la région de Zarand, à environ 70 km au nord de Kerman, a constaté un journaliste de l'AFP. "Le nombre des victimes pourrait s'élever au bout du compte à 550 morts", a déclaré le ministre de l'Intérieur Abdolvahed Moussavi Lari à Houtkan, village montagneux entièrement détruit, où au moins 27 corps se sont ajoutés aux 420 déjà officiellement recensés. Mais "nous ne croyons pas qu'il aille beaucoup au-delà", a ajouté le ministre. "Hier nous avions dégagé 130 ou 140 corps" à Houtkan, a rapporté le général Hossein Maroufi, commandant de la brigade des Gardiens de la Révolution (l'armée idéologique du régime) participant aux opérations, et "nous estimons qu'il y a encore 70 à 80 corps sous les décombres". Dahouyeh aurait également été totalement détruit et devrait encore grossir le tragique décompte. Dans Houtkan s'étirait un cortège d'ambulances transportant les cadavres vers la ville voisine de Zarand. Les centaines de secouristes et de militaires ont continué à fouiller les ruines dans le froid glacial, à la main, faute de pouvoir acheminer jusque-là des engins de terrassement. Ailleurs, les villageois ont passé la nuit à se protéger de la pluie et du froid et à maudire le manque de tentes et de couvertures, malgré les assurances prodiguées par les autorités. A Islamabad, sévèrement touché par la secousse, une centaine de villageois en colère ont bloqué la route avec un camion pour intercepter de l'aide humanitaire. Le ministre a jugé "normales" les critiques: "Certains villages se trouvent dans des zones montagneuses difficiles d'accès". Mais, a-t-il ajouté, "tous les villages auront été atteints aujourd'hui et l'aide nécessaire aura été distribuée partout d'ici à cet après-midi". Selon lui, le séisme a touché 50 villages et entièrement détruit certains d'entre eux, affecté 10.000 familles et endommagé ou démoli 8.000 maisons. Mais l'Iran, a-t-il dit, n'a pas besoin de l'aide internationale. Il ne la refusera pas non plus si elle se présente. "Nous ne pouvons pas empêcher les étrangers de nous aider, mais nous gardons le goût amer de Bam", dévastée le 26 décembre 2003 à environ 200 km plus au sud par un séisme qui avait fait près de 30.000 morts. "On nous a promis beaucoup de choses alors, et on a suscité beaucoup d'attentes, malheureusement une grande partie de l'aide n'est jamais arrivée", a-t-il dit. Les Etats-Unis, malgré l'absence de relations diplomatiques, et les Nations unies, après plusieurs pays, se sont déclarés prêts à apporter leur assistance à la République islamique. "Nous n'appelons pas à l'aide, mais nous l'accepterons" si elle vient, a déclaré devant la presse le président Mohammad Khatami. Evoquant l'offre américaine, il s'est contenté de relever que "cette affaire ne (devait) pas être parasitée par des considérations politiques, ni de leur part ni de la nôtre". Mais il a observé que l'intervention des secours dans le Sud-Est avait été "des plus rapides qui soient". L'Iran avait surmonté ses réticences après Bam pour accepter très rapidement l'aide étrangère, y compris américaine. Il avait alors bénéficié d'un mouvement de solidarité internationale sans précédent sous la République islamique. Mais les autorités iraniennes ont ensuite été vivement mises en cause pour la lenteur des secours, puis de la reconstruction. Et elles ont insisté depuis mardi sur l'efficacité de leur action, sans l'aide de personne.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com