Roland Copé (chirurgien-comédien) au “Quotidien” : “Le comédien et le médecin ont plusieurs points communs”





Chirurgien, spécialiste en cancérologie, Roland Copé est aussi un acteur. Des hôpitaux aux planches, il a choisi de mener doublement son art, Roland Copé nous en parle avec force détails. Après une longue carrière de chrirurgien, vous avez entamé une carrière théâtrale. Qu’est-ce qui a motivé cette deuxième vocation? — Je pense que c’est le temps. Mon père était médecin généraliste et a voulu que je fasse de la médecine. Je me rappelle quand j’étais adolescent que j'avais confié à mon père cette envie de faire du théâtre. Il m’a répondu avec une seule phrase: “fais la médecine puis fais tout ce que tu veux!”. Et voilà, après une longue bataille contre différentes maladie, j’ai décidé de mener en parallèle deux carrières qui semblent différentes mais qui se rejoignent en réalité. C’est par un pur hasard que j’ai découvert, près de chez moi au 7ème arrondissement de Paris, un conservatoire qui enseigne le théâtre. C’est ainsi que j’ai été l’un des élèves de Jean-Pierre Hané, le metteur en scène de Feydeau, Racine, Marivaux. Dix ans déjà sur scène où j’ai campé plusieurs rôles, mais surtout j’ai découvert plusieurs points communs entre le comédien et le médecin. Les deux ont besoin de communiquer avec l’autre. Pour faire un bon diagnostic, le médecin doit parler avec son malade pour comprendre sa psychologie et pouvoir par la suite connaître sa pathologie. Le comédien a besoin aussi de parler au public et d’extérioriser ses sentiments. On a besoin du public comme on a besoin des malades. C’est cette envie de partager avec l’autre et de communiquer avec lui qui font cette ressemblance entre le comédien et le médecin. “Le bateau pour Lipaïa” n’est pas votre première rencontre avec Jean-Pierre Hané. Que peut-on en savoir de plus? — J’ai été l’un de ses élèves et Jean-Pierre nous a appris à ne pas jouer le personnage mais à être le personnage. Avec lui, on cherche toujours à inventer et à créer et c’est très important. Il a trouvé en nous la passion et la disposition. C’est cette complicité entre moi et Muriel Cypel, comédienne de talent, et Jean-Pierre Hané et son assistant Philippe Fialho qui fait de nous une bonne équipe. Vous serez ce soir sur la scène du Théâtre Municipal de Tunis pour un spectacle au profit de l’Association Tunisienne de lutte contre le cancer. Parlez-nous de ce mécénat… —Nous avons décidé, après le succès qu’a connu cette pièce, de contribuer à notre manière aux recherches menées par les associations sur le cancer. Avec mon épouse qui est aussi concérologue, nous avons toujours essayé d’avancer à grands pas dans les recherches. Avant l’évolution de l'endoscope, mon épouse a pris en charge la prise de photos pour qu’on arrive à faire un bon diagnostic et ce n’était pas facile. Aujourd’hui nous sommes en Tunisie pour contribuer à notre façon aux recherches de l’Association Tunisienne de lutte contre le cancer; ceci rejoint d’une autre manière notre carrière professionnelle. J’ai eu beaucoup d’étudiants tunisiens dans mes cours de médecine et j’espère que j’ai contribué à la formation de bons médecins tunisiens. Je sais que vous avez en Tunisie un bon niveau médical digne de beaucoup de respect. Propos recueillis par Imen ABDERRAHMANI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com