Cinéma: Le regard et la débauche sous la loupe





Comme à l’accoutumée, l’Espace El Hamra a clôturé son cycle mensuel de projection cinématographique du mois de février par deux films. Il s’agit du court métrage “Un certain regard” du Tunisien Khaled Barsaoui et “La petite marchande de roses” du Colombien Victor Gaviria. “L’enfer c’est les autres”. Cette assertion de Sartre se confirme à travers le regard d’autrui. Un regard qui “tue”, “assassine” et s’érige en véritable contrainte à la liberté. Une liberté qui “commence là où s’arrête celle des autres”. C’est en effet cet impératif catégorique, hautement “moral” que Khaled Barsaoui a mis en exergue dans son court métrage “Un certains regard”. Ce film est un témoignage sur la vie d’une jeune femme confrontée à la routine de la vie quotidienne. Elle devient comme une belle diablesse, travaillant du matin jusqu’à une heure tardive de la soirée pour joindre les deux bouts. Une nuit de retour chez elle, elle est attaquée par des clochards, mais elle réussit à s’évader. Cela ne l’a pas empêchée de poursuivre sa vie normalement. mais cette jeune femmes s’est sentie toujours prise en otage par le regard des autres, de son entourage et de la société. Un certain regard qui l’accule au repli sur elle-même. “Un certain regard” véhicule aussi l’autre image de la société. Celle qui met en exergue l’indifférence des hommes, mais également leur soucis à tout savoir, tout voir et à tout décrypter sur l’autre. * Les roses de la débauche “La petite marchande de roses” du Colombien Victor Gaviria est un long-métrage émouvant. Il restitue l’histoire des enfants de la rue d’un quartier pauvre de Bogota, la capitale colombienne. Vitrine sur la vie des enfants livrés à la drogue et à toutes les formes de débauche et de pauvreté. Dans ce long métrage de deux heures, l’histoire de la débauche commence avec une jeune vendeuse de fleurs le jour de Noël. Vite, sous l’influence d’autres jeunes badauds, elle bascule dans la drogue et la prostitution. “La petite marchande de roses” montre sur un autre plan, la criminalité et les différentes facettes de la délinquance des enfants de la rue puis dans les entrailles des loups-garous et des pédophiles. Un film émouvant qui finit sur une note d'interrogation qui dévoile tout le secret sur la débauche dans les rues des quartiers pauvres de Bogota. D’ailleurs, six des interprètes de ce film ont été assassinés après sa sortie en 2003. Ousmane WAGUE


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com