Algérie : Les femmes en colère





Les associations féminines dénoncent la réforme du code de la famille qui maintient la polygamie et le tutorat sur la femme. Le Quotidien-Agences Les associations féminines algériennes engagées depuis vingt ans dans le combat pour l'abrogation du code de la famille inspirée de la loi islamique dénoncent le projet de remaniement de ce texte que vient d'adopter le gouvernement et qui maintient la polygamie ainsi que le tutorat sur la femme. "Nous sommes choquées. Notre déception est d'autant plus grande que le tutorat est l'une des dispositions les plus contestées par les islamistes", s'insurge Fadhila Bellala de l'association Femmes en détresse. Même colère chez Akila Ouared, présidente de l'Association de défense et de promotion de la femme qui estime que "le maintien (du tutorat) constitue une humiliation des femmes algériennes qui ont pourtant fait la preuve de leur majorité et de leur maturité pendant la guerre de libération et à travers leur résistance au terrorisme". * Compromis Nadia Ait Zai, juriste et grande figure du combat pour l'abrogation du code de la famille, accuse le gouvernement d'avoir fait "un compromis avec les islamo-conservateurs sur le dos de la femme». Le Rassemblement algérien des femmes démocrates (RAF), par la voix de Kheira Dekali, membre du bureau national, considère que "les amendements proposés sont de la poudre aux yeux. Ils font partie d'une série d'engagements non tenus par les responsables du pays qui manquent de courage politique", selon des propos rapportés par le même journal. Les partis islamistes, qui menaient depuis des mois une campagne contre la suppression éventuelle du tutorat et de la polygamie, ne cachent pas leur satisfaction. C'est le cas du Mouvement de la société pour la paix, une formation islamiste soutenant le gouvernement. Celui-ci s'est félicité dans un communiqué de "la sagesse" du conseil des ministres qui maintient "le tutorat, un des dogmes de la religion islamique qui préserve la femme et la famille musulmane". * Le gouvernement rassure Le gouvernement, de son côté, tente de rassurer les organisations féminines. Nouara Djaffarar, ministre chargée de la condition féminine, explique dans le quotidien El Khabar qu'il y a "une équivoque dans le communiqué du Conseil des ministres de mercredi: le maintien du tutorat n'est plus une obligation pour la conclusion du contrat de mariage, comme c'est le cas dans le code précédent. La femme peut elle-même exercer la tutelle, comme elle peut la déléguer à un de ses proches au moment de la conclusion du mariage". La famille algérienne était régie jusque-là par un texte datant de 1984 contre lequel les organisations féminines, qui le qualifient de "Code de l'infamie", n'ont cessé de se battre pour obtenir son abrogation totale.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com