Nucléaire iranien : Un accord capital subit un contre-temps inattendu





La signature par l'Iran et la Russie d'un accord primordial pour le nucléaire iranien a subi hier un contre-temps théâtral alors que les deux parties semblaient s'être enfin entendues après deux ans d'atermoiements. Le Quotidien-Agences Les chefs des organisations iranienne et russe de l'énergie atomique Gholamreza Aghazadeh et Alexandre Roumiantsev devaient signer dans la matinée un accord prévoyant la livraison par les Russes d'uranium enrichi pour la centrale qu'ils construisent à Bouchehr, dans le sud de l'Iran. "Les négociations traînent en longueur, on ne sait pas quand elles vont aboutir", a déclaré Yaqoub Jabarian, un porte-parole de l'organisation iranienne de l'énergie atomique, en annonçant l'annulation d'une conférence de presse. "Les négociations ont bien progressé dans différents domaines", mais elles "continuent en ce qui concerne le calendrier", a expliqué Ali Agha Mohammadi, un porte-parole du Conseil suprême de la sécurité nationale. "Dès le début, nous comptions signer ensemble trois documents", a dit de son côté le vice-président de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, Mohammad Saïdi, à la télévision: "Le premier est le protocole sur le rapatriement du combustible (usagé d'Iran vers la Russie); le second est un additif pour préciser les questions financières, et le troisième contient le calendrier pour la livraison du combustible à Bouchehr". "Nous sommes tombés d'accord sur les deux premiers documents mais il y a toujours des points à discuter pour le troisième", a-t-il dit. "Nous espérons arriver à un accord aujourd’hui (samedi NDLR) pour que les trois documents soient signés demain à Bouchehr lors de la visite qu'effectueront Gholamreza Aghazadeh et Alexandre Roumiantsev", a-t-il ajouté. Il s'agit là du énième retard, mais aussi du plus inattendu, pris par cette signature, alors que l'affaire paraissait finalisée avec la venue de Roumiantsev, chef de l'Agence fédérale russe Rosatom. La signature est retardée depuis plus de deux ans. Sous la pression de la communauté internationale et en particulier des Etats-Unis qui accusent ouvertement la République islamique de chercher à se doter de l'arme nucléaire sous couvert de nucléaire civil, la Russie a exigé et obtenu que l'Iran accepte de renvoyer le combustible une fois qu'il aura servi. Cette disposition est censée garantir que le combustible ne sera pas réutilisé pour fabriquer la bombe atomique. Les deux parties se seraient ensuite opposées sur la prise en charge financière du rapatriement. Mais le retard a aussi coïncidé avec le bras de fer diplomatique entre l'Iran et la communauté internationale, inquiète des activités nucléaires de la République islamique et en particulier de son programme d'enrichissement d'uranium.


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com