E.S.S. – E.S.T. (0-0) (T.A.B 3-4) : Quand l’arbitre s’en mêle





Décidément, l’Etoile n’arrive plus face à l’Espérance à matérialiser sa domination et sa supériorité sur tous les plans du jeu. Avant-hier, quoique ayant mieux évolué qu’une semaine auparavant, les Etoilés ne sont pas parvenus à se qualifier au tour suivant de la coupe. Pourtant, ils ont tout tenté contre un adversaire certes bien organisé mais manquant de percussion. Sans tour d’observation, les Etoilés entrent dans le vif du sujet et dès la 5’, un tir lobé déclenché par M’hadhebi oblige Kasraoui d’une claquette à mettre en corner. La domination des Sahéliens s’accentue au fil des minutes sans que Traoré, Taylor, M’hadhebi et Baya ne parviennent à tromper Kasraoui. Il faut dire aussi que les hommes de Claude Andrey jouant en bloc et appliquant un pressing haut ont beaucoup gêné les Etoilés et empêché la progression rapide du ballon. Et ce n’est qu’en évoluant rapidement que Baya et ses coéquipiers pouvaient prendre à défaut la défense adverse. L’une de ces actions a failli être la bonne lorsque Ghézal lance en profondeur Traoré mais celui-ci se fait chiper le ballon in extremis par Kasraoui (30’). Sept minutes plus tard, Taylor reprend en force un ballon mal renvoyé par la défense de Kasraoui, Melki plonge et du bras dévie le ballon en corner. l’arbitre italien Stefano Farina ne bronche pas et se contente de désigner le point du corner. Les contestations de M’hadhebi surtout lui coûtent une expulsion (37’). On ne s’étalera pas longtemps sur cette action qui aurait constitué un tournant crucial dans le match si Farina avait accordé un penalty évident et expulsé Mourad Melki. Farina a tout simplement opté pour la solution opposée aux règles du jeu. Drôle de décision émanant de surcroît d’un arbitre international! L’Etoile l’apprend à ses dépens mais ne baissera pas les bras même diminuée à dix durant plus de 80 mn de jeu. La sortie de M’hadhebi a certainement handicapé l’Etoile mais n’a pas non plus favorisé l’Espérance qui n’a pas tiré profit de sa supériorité numérique puisqu’elle ne s’est procuré qu’une seule occasion de but quand Dos Santos oblige Austin à dévier en corner (62’). * La rentrée de Melliti La peur de perdre envahit les joueurs des deux camps après la pause mais c’est encore l’Etoile qui accule son adversaire à se défendre en ne prenant aucun risque. Recherchant plus d'incisivité au jeu de l’équipe, l’entraîneur étoilé fait entrer le jeune Khaled Melliti à la place du Ghanéen Charles Taylor. Résultat immédiat, Melliti se démène comme un beau diable dans la multitude des défenseurs adverses. Il ne restait que trois minutes à jouer dans le temps réglementaire, Melliti “perfore” toute la défense mais au moment de conclure lève un peu haut son tir (87’). Les prolongations n’apportent rien de concret sauf que Hammi faillit tromper Kasraoui lorsque son centre-tir rasa la transversale (121’) ou quand Traoré croisa trop son tir (125’). Enfin, la loterie des tirs au but sourira aux visiteurs qui ont su rester plus calmes jusqu’au bout. Mounir ELGAIED _______________________ Leurs Impressions Ammar Souayah “C’est un véritable match de coupe qui a été très disputé et indécis jusqu'au bout. Mon équipe a livré un bon match. Je n’ai rien à reprocher à mes joueurs. Nous aurions pu sceller le sort de la rencontre si Melliti avait cadré son tir lorsqu’il ne restait que trois minutes à jouer. Malgré l’infériorité numérique, l’Etoile a joué un match plein. Elle se retire de l’épreuve la tête haute mais non sans regrets. Maintenant nous allons nous consacrer entièrement au championnat et à la champion’s League”. Claude Andrey “Naturellement, je suis satisfait de la qualification même si la manière n’y était pas malgré notre supériorité numérique. L’essentiel est de rester dans une dynamique de succès. Nous avons été dominés certes, mais ce n’est pas nouveau, l’équipe doit poursuivre sa progression et c’est ce que nous attendons d’elle”. M.E.G. _______________________ Un Homme dans le Match Hamdi Kasraoui : Calme, vigilance et sûreté Evoluant dans l’ombre de Jean-Jacques Tizié, le jeune gardien de l’Espérance, Hamdi Kasraoui, n’a pas raté la première occasion réelle qui s’est offerte à lui pour se frayer une place au soleil. Loin s’en faut. Après une mi-temps jouée le 20 février face à la même Etoile à Sousse où il a eu un comportement honorable alors que beaucoup d'observateurs avertis croyaient que la blessure de l’Ivoirien allait poser beaucoup de problèmes à l’équipe, le voilà réussir un match sans faute cette fois-ci en Coupe face à cette même Etoile. Kasraoui a fait même plus. Il a évolué avec beaucoup de calme et d’aisance, s’opposant avec brio aux tentatives des Taylor, Traoré ou Baya et… cerise sur le gâteau, il a arrêté deux penalties lors de la fameuse loterie des tirs au but et avec le sourire S.V.P. Comme quoi, aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années. Kasraoui est appelé toutefois à persévérer dans cette voie pour continuer à progresser car le chemin de la gloire est long et semé d’embûches notamment pour un gardien de buts qui n’atteint généralement l’âge de maturité que vers les vingt sept ou vingt huit ans. J.B. _______________________ Question de mental Est-il écrit quelque part que l’Etoile est condamnée à mordre la poussière chaque fois qu’elle trouve sur son chemin l’Espérance, même si cette dernière est rajeunie et amoindrie? On est bien tenté de le croire, tellement les déceptions dans le camp étoilé se succèdent. Il est vrai que les hommes de Ammar Souayah ont bien joué le coup avant-hier, que l’arbitre leur a refusé un penalty évident, qu’ils ont joué en infériorité numérique près d’une heure et demie, mais force est de reconnaître qu’avec l’armada de joueurs expérimentés qu’elle possède, l’Etoile a encore une fois raté le coche. A l’évidence, Baya et consorts ont prouvé qu’ils ne supportent pas une grande pression, qu’ils perdent leur self-control face à l’Espérance et du coup leur meilleur football. Ainsi, les Traoré, Mhadhebi, Zouaghi, malgré toute leur détermination et leur talent, se sont montrés incapables (à onze ou dix) de mater des Sang et Or rajeunis et renouvelés à quatre-vingt pour cent. Dimanche à Sousse, on a senti à chaque attaque étoilée que quelque chose manquait. Il y avait comme un blocage psychologique qui empêchait les attaquants de réussir leur dernier tir. Un scénario vu et revu cette saison à quatre reprises. Bien sûr, si l’arbitre italien Farina avait accordé un penalty (comme quoi nul n’est infaillible, qu’il soit Tunisien, Français ou Italien) la rencontre aurait connu une autre tournure… mais les faits sont là. L’erreur arbitrale fait parte du jeu et l’histoire ne retiendra que le verdict final et cette fois-ci encore l’Etoile n’a pas réussi à forcer le destin. * La portée d’une qualification Quant à l’Espérance, sans sortir un grand match et avec tous les changements annoncés (Seghaïer, Bhaïri et Azaïez dans l’axe de la défense), elle a pu, avec beaucoup de calme, résister à la furia étoilée pour arriver lentement et sûrement, sans prendre de risque, aux prolongations et aux tirs au but. Comptant certainement sur leur force mentale, malgré le jeune âge de plusieurs éléments, les Sang et Or ont donc tenu le coup, malgré quelques ratés notamment au niveau de la construction offensive, mais auraient pu quand même aspirer à la victoire lors des prolongations avec ces chevauchées fantastiques d’Edorosi, sorti de nulle part, lui qui jouait notamment avec les Espoirs ces dernières années. Au côté du Nigérian, auteur du penalty décisif, il y a lieu de signaler la sortie époustouflante du jeune gardien Kasraoui, étonnant de calme et de sûreté. En somme, l’Espérance vient de signer une qualification à portée incommensurable sur le plan mental car elle ne manquera pas de faire beaucoup de bien à la jeune classe composée des Zaïem, Kasraoui, Bhaïri, Edorosi, Jomaâ, Kasdaoui etc… Un groupe de joueurs qui a réussi à résister à une Etoile truffée d’éléments confirmés. Une situation qui donne certainement à réfléchir. Jamel BELHASSEN


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com