Dix tués dans deux opérations-suicide à Bagdad : L’armée irakienne cible privilégiée





Dix personnes ont été tuées et 36 autres blessées hier dans deux opérations-suicide visant l'armée irakienne à Bagdad, où un nouvel otage, le chef du Parti démocratique chrétien irakien, Minas Ibrahim al-Youssoufi, de nationalité irako-suédoise, a lancé un appel à l'aide, dans une cassette vidéo. Le Quotidien-Agences Un juge d'instruction du Tribunal spécial irakien (TSI), qui doit juger les responsables de l'ancien régime irakien, Barwize Mohammed Marwane et son fils Arayan, employé du TSI, ont été tués devant leur domicile à Bagdad. Ce sont les deux premiers membres du TSI à être tués. Un expert juridique occidental a indiqué que l'activité de cette cour était entravée par des menaces contre ses membres, mais s'est refusé à dire si certains d'entre eux avaient déjà été blessés ou tués. En outre, des inconnus ont tiré trois fois sur un autre juge d'instruction qui n'est pas attaché au TSI, Wayed al-Jadr, le blessant grièvement, a indiqué un responsable du ministère de la Justice. La rébellion a tué 20 juges depuis la chute du régime de Saddam Husseïn, en avril 2003, selon ce responsable. Créé par la coalition dirigée par les Etats-Unis en décembre 2003, le TSI est chargé de juger les personnes accusées de "génocide, de crimes contre l'humanité, de crimes de guerre et de violations des lois irakiennes". Sept personnes ont par ailleurs été tuées et 30 autres blessées dans une opération-suicide à la voiture piégée effectuée à 04H00 GMT à l'entrée d'une base de l'armée irakienne à Bagdad. "Nous avons sept corps", a déclaré un employé de la morgue, alors qu'un médecin de l'hôpital Yarmouk de Bagdad a fait état de 30 blessés, 19 soldats et 11 civils. Un témoin, Hussein Mohammed, a indiqué qu'une voiture avait foncé sur l'entrée de la base avant d'exploser, alors qu'un autre témoin, Jaafar Hussein, a déclaré que l'explosion avait eu lieu au moment où de nombreuses personnes étaient rassemblées devant l'entrée pour s'engager dans l'armée. La même base a été visée quelques heures plus tard par un tir de mortier qui a tué un soldat et en a blessé neuf autres, selon une source hospitalière. A la sortie sud-ouest de Bagdad, trois soldats ont été tués et six autres blessés dans une autre opération-suicide contre un barrage militaire. "Trois soldats ont été tués et six autres blessés lorsqu'un kamikaze a fait exploser sa voiture contre le barrage, situé au sud du pont à deux étages de Jadriyah", a indiqué un officier de police. Deux jours après l'opération de Hilla, au sud de Bagdad, qui a fait 118 morts et 147 blessés, deux organisations sunnites d'Irak, le Comité des oulémas et le Parti islamique, ont condamné cette attaque, revendiquée la veille par le groupe de l'extrémiste jordanien Abou Moussab Al-Zarqaoui, chef d'Al-Qaïda en Irak. Dans le même temps, des habitants de Hilla ont manifesté pour la seconde journée consécutive pour réclamer notamment la démission des responsables locaux, accusés de n'avoir rien fait pour prévenir l'opération. A Mossoul (nord), deux policiers ont été tués hier dans des attaques au lendemain de l'enlèvement, dans cette même ville, du fils d'un chef de la police de la province de Niniye. Deux chauffeurs routiers turcs ont également été tués hier au nord de Bagdad et les corps de deux soldats irakiens exécutés d’une balle dans la nuque ont été retrouvés dans la même région, selon la police. * Appel à l’aide Par ailleurs, le chef du Parti démocratique chrétien irakien, Minas Ibrahim al-Youssoufi, a indiqué avoir été transféré à la section chargée des exécutions du groupe qui le détient en Irak et lancé un appel à l'aide, dans une cassette vidéo. "J'ai été transféré à l'unité des exécutions des Brigades de la vengeance irakienne, ce qui signifie sûrement ma mort et mon exécution", a déclaré en arabe Youssoufi, détenteur des nationalités irakienne et suédoise, et qui parlait devant une bannière noire sur laquelle était écrit en blanc le nom du groupe. "J'appelle les hommes honnêtes à travers le monde et en Irak, le roi de Suède et sa sainteté le pape Jean Paul II, à œuvrer pour me sauver la vie", a-t-il dit. "Je les appelle à se tenir à mes côtés dans cette épreuve, à sauver mon âme", a ajouté Youssoufi qui portait des lunettes et une robe traditionnelle de couleur claire. L'enregistrement, obtenu tout récemment par la famille de l'otage, ne dure que quelques secondes. Il est de mauvaise qualité avec une image floue. La famille de Youssoufi en Suède avait dit le 17 février craindre pour sa vie après la diffusion d'une vidéo par une télévision arabe dans laquelle l'otage lançait un appel pour sa libération. Dans cette vidéo diffusée par Al-Arabiya, basée à Dubaï, l'otage avait appelé le roi Carl XVI Gustaf de Suède, la reine Silvia, le pape Jean Paul II et d'autres autorités religieuses à œuvrer pour sa libération. L'otage était assis devant une banderole noire portant le nom des "Brigades de la vengeance irakienne". _____________________ Les médecins en grève exigent des excuses de l'armée Bagdad-AFP Les médecins de l'hôpital Yarmouk de Bagdad, en grève pour protester contre des brutalités de soldats lors de l'admission des victimes d'une opération-suicide dans la capitale hier, ont exigé des excuses pour reprendre le travail. "La grève continue et les médecins exigent des excuses publiques de l'armée à la télévision ou dans un communiqué et, au moins, que l'officier qui a ordonné ces brutalités s'excuse personnellement devant eux", a déclaré un membre du personnel de l'hôpital. Il a indiqué que des responsables du ministère de la Santé et des officiers de l'armée tentaient de persuader les médecins de suspendre leur grève et que les infirmiers s'occupaient seuls des blessés.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com