Art musical : Le fossé se creuse entre l’ancien et le contemporain





Pas besoin de sombrer dans la distribution de blâmes et graffitis. L’art musical a été le produit de son temps. Il l’est toujours. Entre l’ancien et le contemporain, il y a certes un fossé. Mais cette fois on fera l’impasse sur les jugements de valeur pour méditer sur certains faits. Les avis sont partagés, en effet. On a affaire aujourd’hui à deux sortes d’artistes. Il y a ceux relégués à l'oubli connus dans les années 90, qui ne font que radoter sur les mêmes propos en prenant pour alibi un manque de moyens financier. Il y a ceux qu’on a connus ces dernières années qui donnent l’impression de se battre contre des moulins à vent à l’instar de Houssem Zeïdane, Moez Kéfi, Nouri Chibba, Bassem Farza, Anis Khammassi, Imed Aziz… Tous ces artistes cités ont brillé quelque temps dans l’une de ces émissions consacrées à la musique et ont été livrés par la suite à leur «pauvre» sort pour financer un album dont la réussite n’est nullement garantie. A une question qu’on lui a posée Anis Khammassi nous a répondu que le chemin artistique est impitoyable et que le financement d’un album coûte les yeux de la tête et que même les contrats alléchants qu’on leur propose sont semés d’embûches. Et pour cause : un réseau de distribution de la chanson qui semble hostile aux productions nationales. «On prend nos chansons gratuitement», nous confie Houssem Zeidane «sans pour autant s’investir pour les promouvoir au niveau de la publicité». Et c’est là que le bât blesse et où les problèmes qu’encoure la chanson tunisienne refont face. Tout réside en fait, sur une stratégie marketing qui ne semble pas être l’apanage des Tunisiens. A voir Heïfa Wahbi et ses compagnons de route, on affirmera sans risque de se hasarder que l’art est confiné à une beauté radieuse, un regard de vamp et des rythmes de tronçonneuse qui sollicitent hanches et épaules. Tout comme le temps qui s’envole, l’art se fait éphémère. Mais ce n’est pas une mauvaise chose pour autant. Car le public, tout le temps stressé et encombré par un quotidien enchevêtré, se retrouve avide de nouveautés de belles nymphettes qui attisent les convoitises… mais restent à leur faim pour ce qui est art du Tarab. Cela n’importe aucunement ! Ainsi va la vie. Les goûts sont façonnés par des médias qui rivalisent d’ingéniosité pour attirer le plus de spectateurs au grand dam de l’art. Le vrai. On est aujourd’hui à quelques semaines du festival de la Chanson tunisienne, et on ne peut que songer à ces artistes tunisiens jeunes qui «triment» pour pouvoir se frayer une place dans le paysage artistique. Les doléances se font multiples. On en retient celles qui appellent à imposer un quota de distribution des artistes nationaux aux entreprises de productions musicales et à inviter le privé à investir encore plus dans la chanson tunisienne. Levons le rideau et observons. Mona Ben Gamra


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com