Zarqaoui met ses menaces à exécution et attaque le parti d’Allaoui : Les élections plus que jamais menacées





Au lendemain de sa promesse de faire dérailler les élections, le groupe de Zarqaoui a mené hier une attaque à la voiture piégée contre le siège du parti de Allaoui, le Premier ministre. Le Quotidien — Agences Deux personnes ont été tuées hier dans l'explosion d'une voiture piégée près du siège du parti du Premier ministre, Iyad Allaoui, à Bagdad. La voiture piégée, conduite par un kamikaze, a explosé à l'entrée de la rue menant au siège du Mouvement de l'Entente Nationale (MEN), selon la police et des sources hospitalières. "Nous avons reçu deux morts et dix blessés, dont sept policiers et trois civils", a déclaré une source au service des urgences de l'hôpital Yarmouk, sans être en mesure de dire si le kamikaze figure parmi les morts. L'attaque a été revendiquée dans un communiqué par le groupe de Zarqaoui, ennemi numéro un des Etats-Unis en Irak. "Un lion de la Brigade des martyrs de l'Organisation d'Al-Qaïda au pays du Rafidaïn" a attaqué ce matin le siège du parti de l'Entente nationale d'Iyad Allaoui, l'agent des juifs et des chrétiens à Bagdad", lit-on dans le communiqué dont l'authenticité ne peut être établie. Le 3 janvier, une voiture piégée avait explosé au même endroit, dans l'ouest de Bagdad, tuant quatre personnes. Le groupe islamiste Ansar Al-Sunna, lié au réseau terroriste Al-Qaïda, avait alors revendiqué cette attaque. La police de Najaf a pour sa part annoncé hier des mesures de sécurité renforcées pour les élections de dimanche, interdisant l’accès de la ville sainte chiite aux non-résidents pour une période de cinq jours. L’attaque d’hier intervient au lendemain d'un message audio attribué à Zarqaoui promettant de faire dérailler les élections en Irak. * Zarqaoui et les Chiites Dans cet enregistrement, le chef d'Al-Qaïda en Irak affirme que les élections sont "un piège abominable, destiné à assurer aux Rafidha (appellation péjorative des chiites) le contrôle des rouages du pouvoir" dans ce pays. "Nous avons déclaré une guerre farouche à ce processus ignoble, qui constitue, a-t-il dit, une grande farce américaine". Le groupe de Zarqaoui a revendiqué dimanche l'assassinat de Salem Jaafar Al-Kanani, membre du parti de M. Allaoui et candidat aux élections. Un dignitaire religieux chiite, candidat au scrutin sur la LUI, a quant à lui appelé les religieux et les responsables sunnites à se désolidariser de Zarqaoui. "Nous appelons les oulémas et les responsables sunnites, irakiens et arabes, à réagir clairement à ces opérations (attentats revendiqués par Zarqaoui, ndlr)", a affirmé Cheikh Hammam Hammoudi. "Ils ne doivent pas rester silencieux. Leur silence encourage la dissension communautaire", a ajouté le candidat de la LUI. Des responsables de l'Alliance unifiée irakienne (AUI), principale formation chiite en Irak, ont, pour leur part, affirmé hier ne pas avoir l'intention d'établir un Etat islamique de type iranien, en cas de victoire aux élections de dimanche prochain. Ils ont également assurés qu'ils ne se laisseraient pas entraîner dans une guerre civile en ripostant aux extrémistes sunnites qui s'en prennent à la communauté chiite, majoritaire dans le pays. * Washington rassure Dans ce climat, John Negroponte, ambassadeur des Etats-Unis en Irak, a promis la mise en œuvre de "plans de sécurité élaborés" pour les élections irakiennes du 30 janvier mais a reconnu qu'il n'y avait aucune "garantie absolue". Il n'existe "aucune garantie absolue" pour que les opérations de vote puissent être conduites sur la totalité du territoire, a reconnu John Negroponte, qui a multiplié dimanche les interventions sur les réseaux de télévision américains. "Mais je peux vous dire que nous avons des plans élaborés, que des mesures de sécurité minutieuses sont en train d'être prises et que dans de larges régions du pays, dans la majeure partie du pays, les gens pourront aller voter en toute sécurité", a-t-il affirmé sur l'antenne de Fox News. Le diplomate, interrogé depuis Bagdad, n'est pas entré dans le détail de ces plans mais a évoqué une coordination entre la Force multinationale (FMN) sous commandement américain et les nouvelles forces irakiennes. D'après le général John Batiste, commandant de la première division d'infanterie déployée dans le fief sunnite au nord de Bagdad, les forces américaines ne devraient pas se montrer aux abords des bureaux de vote, dont la "sécurité visible" serait assurée par les forces irakiennes. Mais les soldats américains se tiendront prêts à intervenir en cas de nécessité. Les autorités provisoires irakiennes ont annoncé pour leur part des mesures incluant un couvre-feu, des interdictions de mouvements entre les provinces du pays, une restriction sévère de la circulation routière et la prohibition du port d'armes. Même l'emplacement des bureaux de vote devrait être rendu public à la dernière minute afin de compliquer la préparation d'attentats. Les autorités irakiennes ont annoncé hier la capture de deux chefs du groupe de l’islamiste Abou Moussab Al Zarkaoui, dont un Irakien qui devait diriger des attaques contre des bureaux de vote et qui serait impliqué dans l’attaque contre l’ONU.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com