Al-Assad en Russie : Moscou à la recherche du temps perdu





Le président syrien Bachar Al-Assad est arrivé hier à Moscou pour une visite d'Etat de quatre jours, dans laquelle le Kremlin place de grandes attentes, espérant retrouver un rôle important au Proche-Orient grâce à l'appui de Damas. Le Quotidien-Agences Accompagné d'hommes d'affaires et de plusieurs ministres, ainsi que de son épouse Asma Akhras, le président Bachar al-Assad devait arriver en fin de journée à Moscou. "Il y a longtemps que Moscou n'avait pas placé autant d'espoirs dans une visite de ce genre", écrit le quotidien libéral Kommersant. "Selon l'idée des diplomates russes, le jeune leader syrien est celui qui va aider la Russie à reprendre une place digne d'elle au Proche-Orient et retrouver grâce à cela un statut de superpuissance". La coopération économique bilatérale sera bien sûr à l'ordre du jour. Mais les discussions avec le président Vladimir Poutine porteront avant tout sur l'Iran (soupçonné par les Etats-Unis de vouloir se doter de l'arme nucléaire) et sur la situation au Proche-Orient, a relevé lui-même le président Assad dans une interview au quotidien russe Izvestia publiée hier. "La Russie est une grande puissance, elle porte une grande responsabilité pour le développement des affaires du monde", et elle "doit donc contribuer à la stabilisation de la situation au Proche-Orient", a-t-il noté. Cette visite a lieu alors que la Syrie est isolée sur la scène mondiale, soumise à d'intenses pressions de l'Occident, qui dénonce sa tutelle sur le Liban, alors que les Etats-Unis l'accusent de "soutenir le terrorisme international" et de déstabiliser la situation en Irak. Moscou, qui "espère résoudre un vieux conflit international, comme par exemple la crise du Proche-Orient" pour renouer avec ses ambitions diplomatiques, "veut devenir un ami irremplaçable pour Bachar al-Assad", note Kommersant. Parallèlement, Damas, qui pourrait être menacée des foudres américaines, a besoin "d'un partenaire solide, capable de lui offrir des garanties", ajoute le quotidien Nezavissimaïa. Pour sceller cette double amitié, la Russie pourrait faire un geste important concernant la dette syrienne héritée de l'URSS -- à l'époque soviétique Damas était un avant-poste de l'influence soviétique au Moyen-Orient. Moscou pourrait effacer une grande partie des sommes dues.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com