S.E. Yves de Barro au “Quotidien” : “La situation en Irak ne cesse d’empirer”





A l’instar des nombreuses représentations diplomatiques occidentales en Tunisie, l’ambassade de Malte s’implique depuis un certain temps dans l’organisation de manifestations culturelles au côté de ses activités consulaires. L’entretien qu’il accorde au “Quotidien”, S.E. Yves de Barro, ambassadeur de la République de Malte à Tunis, fait le point sur son programme culturel pour 2005 et livre sa position sur moult sujets d’une brûlante actualité, comme le dialogue entre les cultures, et la situation en Irak et dans les Territoires occupés. Pouvez-vous nous présenter votre programme culturel en Tunisie pour la nouvelle année qui vient de commencer. Nous sommes actuellement en train d’élaborer le nouveau programme culturel que l’ambassade de Malte exécutera en Tunisie prochainement. Je tiens à préciser d’abord que je quitterai la Tunisie l’été prochain et je serai remplacé par une ambassadrice. Ce programme qui s’étale sur une période allant jusqu’à la fin de ma mission, comprend plusieurs volets. Il démarrera au début du deuxième trimestre. Comme vous le savez, notre ambition est toujours de faire connaître en Tunisie notre dialecte, le Maltais, qui est d’origine arabe et qui est très proche du dialecte tunisien. Ainsi, dès le début du deuxième trimestre, nous organiserons un séminaire pour étudier les similitudes entre les mots maltais et tunisiens. Nous avons également au menu une exposition philatélique. Plus tard, notre ministre des Affaires étrangères effectuera vers le 7 avril en Tunisie une visite au cours de laquelle sera tenue la haute commission mixte tuniso-maltaise et qui pourra déterminer un programme culturel copieux pour la période à venir. Outre ces activités culturelles, on sait que Malte, tout comme la Tunisie, est un carrefour entre différentes civilisations. Quel rôle entendez-vous justement jouer dans la promotion du dialogue entre les cultures et les religions dans le Bassin Méditerranéen? A Malte, il n’y a pas de rencontres permanentes pour promouvoir le dialogue des cultures et des religions. Mais lors de certains rendez-vous comme la conférence des ministres des Affaires étrangères des pays méditerranéens, nous débattons de divers sujets, dont le dialogue des cultures et des religions. Bien que les musulmans ne représentent qu’environ 2% de la population maltaise qui est composée de 98% de catholiques, Malte est un pays qui prône la laïcité et la liberté des cultes. Il dispose d’une mosquée et de 365 églises. Les musulmans estimés à 3000 âmes environ sur une population totale évaluée entre 300 000 et 400 000 habitants, pratiquent leur religion en toute liberté, au côté des ecclésiastiques et des anglicans. Quels sont vos projets en matière de partenariat culturel en Tunisie et dans la région méditerranéenne d’une manière générale? Il y a toujours des réunions et des commissions bilatérales dans le but de promouvoir les échanges culturels entre Malte et les autres pays méditerranéens. Chaque année des étudiants maltais viennent poursuivre leur formation en Tunisie et dans d’autres pays méditerranéens. Par ailleurs, différents groupes folkloriques de ces mêmes pays sont également invités chaque année pour prendre part à nos différents festivals folkloriques et parmi lesquels figurent des troupes tunisiennes. Cette année ce sera encore le cas. Un groupe tunisien sera invité au grand festival folklorique que Malte organisera. L’EuroMed est un projet qui vise à rapprocher les jeunes et les différentes structures des pays des deux rives de Mare nostrum. Quel rôle Malte joue-t-il dans cette organisation? Comme par le passé, Malte continuera de jouer un rôle important dans la région. Nous resterons attachés à la déclaration de Barcelone que nous considérons comme la colonne vertébrale du processus de l’EuroMed. Les plans d’action conclus et portant sur la politique du bon voisinage, représentent une expression tangible aux opportunités offertes pour la complémentarité, le dialogue entre les différents partenaires de l’EuroMed. Nous souhaitons aussi voir s’instaurer un dialogue entre les pays méditerranéens et tous les autres pays européens, en matière de sécurité et de défense, entre autres. Nous sommes résolument engagés dans d’autres forums régionaux, comme le 5+5 où Malte assure cette année la présidence. D’ailleurs, nous organiserons avant la fin du mois de juin 2005, une réunion des ministres des pays méditerranéens. Notre but étant donc de suivre la mise en œuvre des projets d’intérêt commun entre les partenaires de la région, de promouvoir l’entente entre les pays méditerranéens, à travers la proposition de création d’une Assemblée parlementaire de la Méditerranée effectuée par Malte. L’adhésion de la Turquie à l’Union européenne nourrit les feux de l’actualité. Malte est-il pour ou contre cette adhésion ? Le gouvernement maltais est en faveur de l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. Le sujet est en débat, mais cela n’influera en aucun cas sur la position de Malte qui est partisan de cette adhésion. Comment appréciez-vous la situation actuelle en Irak et dans les territoires occupés? Nous espérons voir la paix revenir en Irak et la reprise du dialogue entre Palestiniens et Israéliens. Mais en Irak, la situation ne cesse d’empirer surtout à quelques jours des élections générales. Autre fait qui complique un retour à la paix, l’enlèvement d’un évêque dernièrement. Si on commence à toucher à la religion, les choses vont s’embraser davantage, compromettant définitivement la tenue de ces élections. D’aucuns préconisent la tenue d’une conférence internationale sur le Proche-Orient. Que pensez-vous de cette initiative? Je suis en faveur de la tenue d’une conférence internationale sur le Proche-Orient. L’idée est géniale, mais l’important pour moi, c’est de mettre en marche les décisions prises lors de cette rencontre. Sinon, elle n’aura pas de sens et ne pourra rien résoudre. Les décisions prises lors du Sommet de Charm Escheikh sont bien belles. Mais le plus difficile, c’est de les mettre en application. Cela prendra du temps et la tâche ne s’annonce pas du tout facile. Entretien conduit par Ousmane WAGUE


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com