Au théâtre Municipal : La symphonie de l’Orient revisitée





Une soirée digne d’un concert de l’Orchestre National de Vienne; tel est le superlatif élogieux par lequel on peut qualifier le concert animé, avant-hier soir, au Théâtre Municipal de Tunis par l’Orchestre Symphonique tunisien sous la direction du maestro Ahmed Achour. Avec l’ensemble de ses soixante-dix instrumentistes, dont la soliste bulgare Krassimira Vasseva au violon et le talentueux guitariste Walid Edhahri, Ahmed Achour et l’Orchestre symphonique tunisien ont donné le meilleur d’eux-mêmes, en interprétant sur la scène de la prestigieuse bonbonnière des compositions symphoniques inédites les plus prisées. Durant la première partie de ce concert qui a duré une heure et trente minutes, Ahmed Achour et ses musiciens ont interprété: “Ouverture Asconinio In ALBA” de Mozart. Comme de coutume, dans chaque récital symphonique. Une partie des musiciens se retira pour laisser sur scène une dizaine d’instrumentistes qui interprétèrent l’un des répertoires les plus célèbres de Guiliani, en l’occurrence “Concerto pour guitare”. Composé dans le style d’Orchestre à Cordes, ce récital d’une durée d’environ 30 minutes, comprend trois sous répertoires à savoir: “Allegro Maestoso, Andanantino, Allegretto”. L’orchestre national de la musique symphonique a fermé la première partie de cette soirée par une symphonie de campagne, composée sur la base d’ornements, et de sifflements conjugués et mixés avec du jeu de violoncelle. Le tout donnant lieu à une symphonie bien dosée, charmante et agréable à écouter. Il s’agit du célèbre répertoire de Stravinsky, dénommé: “Suite pour Orchestre”, qui comprend, entre autres, des compositions comme “Andante-Napolitana-Espa?ola”. * Orientalisme Force est de reconnaître qu’Ahmed Achour et ses instrumentistes ont fait preuve d’une véritable créativité dans la deuxième partie de ce concert, en ayant recours à des instruments comme le “Bendir” et le violon oriental. Sa créativité s’exprime surtout dans le mixage effectué entre les instruments orientaux et ceux occidentaux dans les compositions ayant une touche tunisienne et orientale, comme “Dunes de sable” de Larbi et “Concerto n°2 pour violon et orchestre” qui est sa propre composition grâce à une collaboration harmonieuse de la bulgare Kassimira Vasseva qui accompagne Ahmed Achour, en jouant du violon, l’orchestre symphonique tunisien a également réussi son pari durant cette deuxième partie de la soirée, en interprétant avec un grand bonheur le rôle qui lui est dévoué, celui d’un répertoire aux couleurs et aux sons symphoniques tunisiens et orientaux. Ousmane WAGUE _________________________ Ahmed Achour au “Quotidien” : “Les jeunes affichent un engagement pour la musique symphonique” Quelle est la place de la musique symphonique actuellement en Tunisie, parmi les autres genres musicaux? — La musique symphonique occupe une place non négligeable parmi les autres genres musicaux qui continuent de foisonner en Tunisie. D’ailleurs, un grand nombre de mélomanes assistent à nos concerts qui, grâce à leur régularité, à savoir le dernier jeudi de chaque mois, attirent bon nombre de spectateurs. Le Tunisien adhère-t-il à la musique symphonique? — Je peux vous avouer en toute objectivité que chaque année nous enregistrons un grand nombre de jeunes, de plus en plus fascinés par la musique symphonique. Dans nos différents instituts et conservatoires de musique, on enseigne toutes les musiques jouées par les instruments à cordes, dont ceux utilisés dans la musique symphonique. Ce paramètre rend aussi l’accès à ce genre musical très facile, notamment pour les jeunes. Peut-on tunisifier la musique symphonique? — C’est possible. Et nous sommes en train de le faire. Dans la deuxième partie de notre concert nous avons interprété des œuvres tunisiennes comme: “Dunes de sable”, de Larbi et “Concert n°2” pour violon et orchestre” qui est de ma propre composition. Propos recueillis par O.W.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com