La communauté internationale indécise : Optimisme, interrogations et pessimisme





La communauté internationale a salué les élections en Irak comme un pas important vers la démocratie, et donc un succès pour le président américain George W. Bush, mais s'interroge sur la suite du processus, dans un pays toujours en guerre, malgré la présence des forces de la coalition qui dure depuis deux ans. Le Quotidien-Agences Partisans comme opposants à l'intervention militaire conduite par les Etats-Unis en Irak ont estimé que le vote était une première étape réussie, notamment en raison du taux de participation élevé en dépit des menaces terroristes. Nombre de réactions insistent toutefois sur la nécessité de ne pas laisser de côté la minorité sunnite, malgré sa faible participation au scrutin, contrairement aux composantes chiites et Kurdes. * La Chine persiste Parmi les réserves les plus notables, celles venues de Chine. Tout en se réjouissant que ces élections - les premières multipartites à avoir lieu en plus de cinquante ans - aient pu avoir lieu à la date prévue, Pekin n'a pas caché son pessimisme, insistant sur un retrait rapide des forces américaines. Pour le journal officiel China Daily, "il n'y a aucun signe montrant que Washington est capable de garantir l'avenir post-électoral de l'Irak". Le même scepticisme quant à l'avenir de l'Irak dominait largement les commentaires lundi de la presse européenne après le "succès" qu'elle juge tout relatif des élections dans ce pays toujours "occupé" par des forces étrangères. Car, malgré le fait que le peuple a "montré de façon si impressionnante sa volonté de démocratie", souligne l'Allemand Der Tagesspiegel, l'espoir que le vote de chaque Irakien "soit une voix pour un meilleur avenir" est "assez faible", note son compatriote Sueddeutsche Zeitung. "Les élections irakiennes n'annoncent pas la fin des problèmes et elles ne justifient pas a posteriori une guerre qui a révélé toutes ses vilenies", ajoute, en Suisse, Le Temps. Le Catalan La Vanguardia va même jusqu'à avertir que "la grande tragédie serait que les élections d'hier ou celles de demain ne servent à rien et que la minorité sunnite se plonge dans une guerre civile avec les chiites pour la plus grande satisfaction du Benladisme". * L’UE s’inquiète Allant dans le même sens, l'Union européenne a salué le "courage" des Irakiens qui ont voté en masse lors des premières élections. Qu'ils aient fait partie du "camp de la guerre" ou du "camp de la paix", les ministres des Affaires étrangères des Vingt-Cinq se sont félicités de la tenue de ce scrutin, mais la faible participation de la communauté sunnite les inquiète. "La dynamique qui a été créée prouve que la majorité des gens veulent ce processus politique", a déclaré à Reuters le porte-parole de la diplomatie européenne, Javier Solana. Le ministre français des Affaires étrangères, Michel Barnier, a estimé sur Europe 1 que les élections irakiennes étaient une "première victoire" mais que le processus politique en Irak restait "fragile" et la situation "difficile". Les Européens ont appelé les communautés chiite et kurde, qui ont formé l'essentiel des quelque huit millions d'électeurs, à faire une place dans le gouvernement à la communauté sunnite, qui fournit à la rebellion irakienne la plupart de ses troupes. "Nous espérons que le gouvernement représentera toutes les communautés d'Irak", a dit Barroso, selon lequel les "élections donnent une plus grande légitimité" aux futurs dirigeants. * Bush et Blair se félicitent Principal maître d'œuvre, le président Bush lui-même, tout en se réjouissant du succès des élections, a souligné que le chemin restait long. "En participant à des élections libres, les Irakiens ont fermement rejeté l'idéologie anti-démocratique des terroristes", a-t-il dit, estimant que "les Irakiens eux-mêmes ont fait de cette élection un succès éclatant". La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, estimant que les élections "se déroulaient mieux que prévu", s'est dite "réconfortée par les commentaires de dirigeants kurdes et chiites affirmant qu'ils s'attendent à former un seul Irak et à ce que les vues de la population sunnite soient représentées lors de l'élaboration de la constitution". Côté britannique, principal allié des Etats-unis sur le terrain, le Premier ministre Tony Blair a estimé que les élections étaient "un coup porté en plein cœur du terrorisme mondial". A Moscou, le président Vladimir Poutine a déclaré lundi que les élections, qui se sont tenues "dans des conditions très difficiles", étaient un pas dans la bonne direction, un événement positif". A l'ONU, le secrétaire général Kofi Annan a salué le courage des Irakiens. "On doit les encourager" et les aider "à prendre leur destin en main", a-t-il dit, ajoutant : "C'est le début, un premier pas dans un processus démocratique". «Malgré les insuffisances, les élections sont une partie importante du processus politique irakien» a déclaré, pour sa part,la Ligue arabe


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com