Antonio Alc?zar : Les formes pures du vivant





Le peintre a extrait de la nature des ombres et des lumières: l’intensité solaire. Les murmures des vagues, les rumeurs des plis géologiques et le crépitement du climat deviennent une essence, un profil pur. Des carrés, des rectangles, des triangles, des lignes droites qui délimitent des espaces, font ressortir des formes, tissent des trames de couleurs, et puis des tâches granuleuses qui donnent à la toile un relief et des profondeurs à la fois géologiques et cosmiques. Les toiles d’Antonio Alc?zar se présentent comme une longue méditation plastique sur la nature dans sa complexité biologique et physique. La nature comme matière mais aussi comme forme et comme concept. La toile devient alors la matrice où se révèle le vivant. Le rouge sang, l’ocre argile, le gris-ciel, le vert gazon, le rouge brique, le noir charbon, le bleu pétrole, le clair du jour, le foncé de nuit, le transparent du cristal… se composent et se décomposent, forment des figures qui s’étalent sur la toile comme une respiration vivante et une inspiration divine. On est là, on l’a compris, dans une méditation qui n’est pas seulement plastique et picturale. Elle est aussi philosophique et métaphysique. Là où le penseur recourt aux mots pour exprimer son étonnement face aux manifestations du vivant et dire son angoisse de l’asphyxie, de l’arrêt, de la mort et sa fascination de l’indicible, le peintre utilise les lignes décisives et les formes géométriques rigoureuses, les couleurs chaudes refroidies et la matière peinte pour accomplir la même tâche et assouvir le même besoin de connaissance et de spiritualité. Antonio Alc?zar appartient à ce groupe de peintres qui ont recours à l’abstraction pure comme un moyen de libérer la toile de toutes contingences externes et en faire le lieu de la révélation, de la vérité du monde et de l’autre. C’est ce qui fait dire au critique espagnol Manuel Romero, en contemplant ces toiles: “La peau géologique qu'offrent les montagnes, les rugosités sableuses qui délimitent la mer, le désert intense dans sa complicité avec l’horizon, et le vent, le ciel, la nuit…, toute cette nature devient transcendante et se manifeste dans les travaux d’Antonio Alc?zar”. Le critique espagnol parle aussi de “réflexion, émotion, capacité contemplative”. Et d’ajouter: “A partir de cet espace singulier nous sommes invités à l’exercice joyeux d’intérioriser le silence, les lumières et pénombres de l’automne, les intensités solaires, les nuages en tant que présages de la mort, une œuvre de profits géologiques, de sonorités cosmiques , une œuvre qui nous appelle à définir notre position dans le monde”. Antonio Alc?zar qui expose du 3 février au 10 mars au Musée de la Ville de Tunis-Palais Kheireddine à l’invitation de l’Institut Cervantès de Tunis est un jeune peintre de 41 ans. Zohra ABID


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com