Le Dr Maher Ben Tiba au “Quotidien” : “Toutes les maladies urologiques sont guérissables à leurs débuts”





La Société Tunisienne d’Urologie (STU) organise le 1er Congrès maghrébin d’urologie qui coïncide avec son 5ème Congrès national, les 4, 5 et 6 février courant à Tunis. Le Dr. Maher Ben Tiba, S.G adjoint de la S.T.U répond à nos questions se rapportant à ce Congrès et aux maladies les plus fréquentes en Tunisie dans le domaine de l’urologie. Le Quotidien: Quels sont les moments forts de ce Congrès? Le Dr. Maher Ben Tiba: Ce premier Congrès maghrébin d’urologie se tient conjointement avec le 5ème Congrès national d’urologie. Des orateurs de renommée mondiale vont prendre part aux travaux de cette manifestation. Je cite à titre d’exemple le professeur Jean De Laval, directeur du Centre d’urologie et de néphrologie d’El Mansourah en Egypte, le professeur Marc Zerbib de l’hôpital Cochin de Paris, le professeur Yassine Hammouda de l’hôpital Kremblin Bicêtre à Paris, le professeur Abdellatif Ben Chakroun, chef de service d’urologie à l’hôpital Avicenne de Rabat et le docteur Ahmed Shouma de l’unité laparoscopique urologique d’El Mansourah (Egypte). De nouvelles technologies de chirurgie pour traiter l’incontinence seront à cet effet et pour la première fois présentées en Tunisie. Des cours se rapportant au dysfonctionnement érectile et à l’urologie pédiatrique seront organisés en marge de cette manifestation. Le programme est riche et varié. Il comporte 29 conférences et 97 communications orales. En tout, 235 travaux seront présentés et discutés en 3 jours. Quelles sont les maladies les plus fréquentes sur le plan urologique en Tunisie? L’adénome prostatique est la maladie la plus fréquente en Tunisie. C’est, en d’autres termes, l’hypertrophie bénigne de la prostate. Elle touche les hommes à partir de 50 ans. Cette maladie est différente du cancer.Elle est curable si elle est traitée à temps. Elle peut présenter un danger réel et même entraîner une insuffisance rénale si elle est négligée. Les médicaments suffisent-ils pour traiter l’hypertrophie bénigne? Le traitement adéquat diffère selon l’âge et parfois les médicaments peuvent s’avérer efficaces. Dans d’autres cas, notamment quand le patient se rend compte tard de sa maladie, la chirurgie devient nécessaire. Cela peut entraîner parfois des séquelles légères dont l’éjaculation rétrograde (sans libération de spermatozoïdes). C’est la prostate qui fabrique ce liquide. Cependant, la chirurgie n’a aucune incidence sur la virilité. Comment éviter ces désagréments? C’est simple, il faut consulter le médecin périodiquement même si aucune maladie n’est apparentée En Europe, 10 ans auparavant, 50% des patients consultent au stade de la métastase, c’est-à-dire trop tard. Mais avec les campagnes de sensibilisation, ce taux a beaucoup baissé. Il est aujourd’hui de 10% seulement. Nous projetons dans ce cadre d’organiser une campagne de sensibilisation pour inciter les gens à consulter leurs médecins et faire les contrôles nécessaires. Nous allons organiser une journée à l’instar des journées organisées pour les autres maladies (le diabète, l’hypertension artérielle...). Dans une première étape, nous allons nous baser sur l’évaluation des travaux et des statistiques présentées lors de ce Congrès, pour élaborer les axes de cette campagne. Nous sommes actuellement à ce stade. Quels sont les signes de cette maladie? Le patient peut déceler d’une manière précoce la maladie notamment par les troubles mictionnels. Le patient trouve des difficultés à vider sa vessie. Il passe aux toilettes deux à 3 fois le soir pour uriner. Quels sont les facteurs engendrant cette maladie? C’est une maladie entraînée par un gène spécifique. Il n’y a pas pour le moment d’autres facteurs expliquant l’origine de l’adénome prostatique. Cependant, un test sanguin coûtant 35 dinars peut orienter le médecin d’une manière efficace et lui permet le cas échéant d’approfondir les examens. Je note cependant que l’adénome prostatique n’évolue jamais vers le cancer mais l’association de ces deux facteurs reste possible. Quelles sont les autres maladies fréquentes? Il y a la lithiase urinaire fréquente dans certaines régions. Elle entraîne des calculs au niveau des reins et peut entraîner la destruction des reins en l’absence de contrôle médical. Certaines régions sont plus touchées que d’autres, je cite notamment le Cap-Bon et le Sud. C’est la nature de l’eau absorbée qui entraîne cette maladie. Le comportement des gens peut accentuer la maladie. Ceux qui ne boivent pas beaucoup d’eau risquent de figurer parmi les victimes. Quel rapport entre ces maladies et la tumeur de la vessie? La tumeur de la vessie est une autre maladie qui occupe la 3ème place parmi les maladies les plus fréquentes dans le domaine de l’urologie. Elle se manifeste par l’hématurie c’est-à-dire la perte de sang dans l’urine. Le diagnostic de cette maladie est facile, le traitement est efficace mais il faut qu’il soit fait à temps. Toutes les maladies sont guérissables à leurs débuts. Le tabagisme et l’alcool sont à l’origine de cette maladie. Quels conseils prodiguez-vous pour éviter ces maladies? J’insiste sur le dépistage systématique et précoce. En agissant de la sorte, nous contribuons à éviter les maladies les plus graves et surtout à éviter des frais énormes engendrés par les soins palliatifs. Cela coûte cher à l’Etat. Nous contribuons ainsi et surtout à sauver des vies humaines, dont la valeur est inestimable. Entretien réalisé par Lotfi TOUATI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com