“Jawi wa bkhour” : Ca fume du côté des astrologues et des sorciers





En raison du mélange confus entre les astrologues et les charlatans on parle souvent de ces gens avec beaucoup de réserve. Nos artistes ne semblent pas indifférent à ce sujet… Les deux artistes Ikram Azzouz et Zouheïr Raïes en témoignent! Ils apparaissent et disparaissent comme des champignons surtout dans les quartiers populaires laissant parfois derrière eux des scandales. Astrologue, sorcier, devin ou magicien sont tous mis dans le même sac! Les pratiques bizarroïdes de certains mais surtout le texte religieux, qui interdit le recours à ces gens, font qu’on en parle en cachette. Les astrologues qui sont une minorité n’hésitent pas à s’afficher. Leurs bureaux bien meublés prolifèrent çà et là dans les artères principales de la capitale, à Bab Souika, à l’Avenue de la Liberté ou celle de Paris ou à Bab El-Khadhra. Pas besoin d’un grand effort pour trouver un astrologue, il faut juste lire les pancartes qui semblent drainer la foule. Les médias ne font pas exception à la règle, eux qui recourent souvent aux services des astrologues. A chaque fin d’année, les journaux ouvrent les archives des astrologues de renom pour dresser le bilan de l’année qui s’écoule mais aussi pour esquisser les perspectives de la nouvelle année. Les yeux avides et curieux d’en savoir plus sur l’avenir, nos chers concitoyens s’amusent en interprétant l’horoscope. Uranus, Saturne, Jupiter, Pluton et d’autres astres séduisent les Tunisiens tiraillés entre la religion qui interdit catégoriquement la consultation des astrologues et des sorciers et ce désir profond de prévoir le destin. “On a vu souvent des prédiction d’astrologues réussir” écrivait Voltaire et c’est à ce petit espoir que s’attache un bon nombre de férus d’horoscopes. Loin de l’astrologie qui se base essentiellement sur l’étude des influences astrales sur le comportement des hommes, les charlatans continuent à gagner du terrain en exploitant ce rêve qui n’a cessé de bouleverser l’homme de pouvoir changer son destin et obtenir tout ce qui veut. Ikram Azzouz et Zouheïr Raïes ont choisi de porter toute cette ambiance sur les planches. Du théâtre de la vie au 4ème Art, le phénomène continue à inspirer les artistes et à les inciter à la réflexion. “C’est un phénomène international qui fait partie de tout un comportement social. Depuis belle lurette, l’homme a cherché à comprendre des choses métaphysiques et à trouver des réponses à des questions abstraites. Dans cette incertitude, le recours à ces gens, qui prétendent avoir les réponses est né. Avec l’œil d’un citoyen mais aussi d’un artiste, j’ai remarqué cette confusion d’étiquette entre les astrologues et les charlatans mais aussi j’ai remarqué que ceux qui consultent les astrologues ou les charlatans ont différents niveaux intellectuels. Un bon nombre d’artistes fait appel à ces gens-là. C’est toute cette ambiance que j’essaie de porter sur scène. D’ailleurs, c’est pour cette raison que j’ai choisi le titre “Jawi Wa bkhour” qui sont deux substances utilisées par les sorciers”, explique Ikram Azzouz. Entre l’approbation des uns et la désapprobation des autres, ils continuent à gagner du terrain. Qui a dit que seuls “les naïfs y croient”? Imen ABDERRAHMANI


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com