Théâtre Municipal de Tunis : La Hadhra revisitée…





Un spectacle garni en chants para-liturgiques, soufis et autres mélodies dédiées à la gloire du Prophète et des saints; telle était l’ambiance qui a marqué la soirée animée avant-hier soir, par la troupe de la Hadhra de Fadhel Jaziri au Théâtre Municipal de Tunis… Prévu à partir de 20 heures, la soirée de Hadhra de Fadhel Jaziri a pu démarrer mais avec 50 minutes de retard, en raison de l’euphorie marquant la qualification de l’Equipe nationale pour les demi-finales du championnat du monde de handball qui avait lieu dans l’artère principale de la capitale. Pour ce spectacle qui a duré 1 heure et 30 minutes, la troupe de Fadhel Jaziri a concocté et présenté une nouvelle version de la hadhra. En effet, pas moins de 26 morceaux ont été interprétés durant cette soirée par les 21 musiciens qui composent cette troupe. Le plus révélateur dans cette soirée c’est que Fadhel Jaziri a beaucoup remanié sa troupe par rapport à sa composition ancienne, en y introduisant beaucoup plus d’instrumentistes. On comptait en effet parmi les musiciens du groupe, un saxophoniste, un pianiste, un accordéoniste, mais également des percussionnistes et des danseurs. Côté chant, la troupe est restée fidèle durant toute la soirée aux mélodies soufies tirées, pour la plupart, du patrimoine des chants liturgiques d’antan. Mais, actualité oblige, de nouveaux morceaux faisant allusion à la guerre en Irak y ont été introduits. Il s’agit entre autres de “Farès Baghdad” (Le chevalier de Bagdad). Cette chansons “métaphysique” selon l’expression de Mohamed Yahya Jaziri, neveu de Fadhel Jaziri et principal vocaliste de la troupe, est interprétée avec un grand élan de tristesse. Elle met en relief les conséquences néfastes de la guerre en Irak qui a fait des milliers de morts. “Raison pour laquelle nous l’avons interprétée en couvrant nos visages par des serviettes blanches pour exprimer notre tristesse pour le peuple irakien”, explique le jeune musicien. Parmi aussi les nouveauté de cette soirée, la troupe a interprété pour la première fois, un morceau dont les vers sont tirés de la “Bourda”, un ensemble de poèmes “para-liturgiques”, autrefois chantés par les doctes et les cheïkhs des grandes mosquées dans les agglomérations arabo-musulmanes. Tâches gratuites Bien que cette soirée témoigne d’une volonté de sauvegarde et de revivification de la Hadhra, elle n’en restitue pas moins sur un autre plan, toutes les couleurs et rituels des spectacles de la hadhra d’antan. Dans l’exécution des danses liées à l’interprétation de certains morceaux: “Khammar Ya Khammar”, les deux danseurs, un homme et une fille, ont recours à une forme de mouvement qui met l’accent sur l’expression corporelle. Mais la médaille a un revers: en interprétant, pour la première fois, un morceau dont les vers sont tirés de “Hamziya”, un ensemble de poèmes dédiés à la gloire du Prophète, la troupe de Fadhel Jaziri a eu recours à un style purement occidentalisé, dénommé “a capella” en accompagnant les chansons par des applaudissements. Ousmane WAGUE


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com