Attaque US contre l’Iran : Rice souffle le chaud et le froid





La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a tenté hier de rassurer ses alliés européens en excluant pour l'instant une attaque contre l'Iran, tout en accablant Téhéran de critiques multiples. Le Quotidien-Agences Outre la question nucléaire, Rice a dénoncé à Londres "le bilan épouvantable du régime iranien en matière de droits de l'homme", assurant que la population du pays "mérite mieux". Dans la veine du discours sur l'état de l'Union prononcé mercredi par le président George W. Bush, elle a aussi critiqué en détail la "déstabilisation" que l'Iran fait subir selon elle à la région, notamment en "soutenant le terrorisme". Pourtant, a-t-elle indiqué, une attaque contre l'Iran "n'est tout simplement pas à l'ordre du jour en ce moment". "De nombreux outils diplomatiques" sont disponibles et les Etats-Unis ont "l'intention de les utiliser pleinement", a-t-elle précisé au cours d'une conférence de presse conjointe avec son homologue britannique Jack Straw. Rice avait choisi d'entamer chez "le meilleur ami, le meilleur allié" de l'Amérique sa première tournée à l'étranger depuis son entrée en fonctions au département d'Etat. Arrivée jeudi soir à Londres, elle est entrée dans un "tourbillon", selon ses propres termes, qui doit l'emmener en une semaine dans huit pays européens, ainsi qu'en Israël et en Cisjordanie. Elle s'est envolée hier après-midi à Berlin, avant Varsovie, Ankara, Rome, Paris, Bruxelles et Luxembourg, puis enfin Israël et la Cisjordanie. La chef de la diplomatie américaine a fait part de ses "espoirs de réussite" sur l'Iran, insistant sur les convergences de vues entre Washington et le trio formé par la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne. Les trois pays tentent de convaincre l'Iran de cesser toute activité relative à l'enrichissement en échange d'une coopération nucléaire avec l'Union européenne. Washington est associé à cet "effort conjoint", a-t-elle insisté, et "ce sont les Iraniens qui sont isolés sur ce sujet, pas les Etats-Unis". * Financer les réformes palestiniennes Condoleezza Rice a indiqué par ailleurs qu'elle participerait à la conférence internationale d'aide aux Palestiniens prévue début mars à Londres. Elle a confié son espoir que ce soit l'occasion "d'avancées significatives vers l'établissement d'une paix durable". "Il y a une vraie possibilité maintenant pour un progrès sur cette question, a ajouté Jack Straw. C'est le défi le plus difficile et le plus urgent auquel est confrontée la communauté internationale". "Nous devons absolument encourager les autres pays à apporter leur contribution", a-t-elle déclaré. L'Union européenne et certains pays du Proche-Orient se sont montrés, selon elle, de bon donateurs, mais "certains dans la région n'ont pas été aussi généreux qu'ils auraient pu l'être", a-t-elle ajouté sans préciser de nom. "Il est temps pour chacun de s'interroger et de se dire :+si nous voulons que la paix israélo-palestinienne se réalise, et si nous voulons soutenir cette dynamique, que pouvons-nous faire de plus en termes d'assistance?+", a poursuivi la secrétaire d'Etat. Le chef de la diplomatie américaine a salué le sommet de Charm El-Cheikh comme une "étape très importante dans ce qui constitue maintenant une série d'étapes qui confèrent une dynamique à la question israélo-palestinienne et aux efforts pour revenir à la feuille de route", le plan de paix soutenu par les Américains. La secrétaire d'Etat a enfin reconnu un désaccord entre Londres et Washington sur l'initiative européenne, que Londres soutient, en vue de lever l'embargo de 15 ans sur les exportations d'armes à la Chine, imposé après le massacre de la place Tienanmen à Pékin. Washington y est opposé, affirmant que cela enverrait un mauvais signal compte tenu de la politique chinoise en matière de droits de l'homme, et pourrait en outre compliquer les relations fluctuantes entre Taïwan et la Chine.


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com