G7 : Le développement en Afrique renvoyé aux calendes grecques





Les pays les plus riches du monde semblaient une nouvelle fois incapables samedi de se mettre d'accord sur le meilleur moyen de venir en aide aux pays les plus pauvres. Les projets destinés à aider l’Afrique ont été catégoriquement rejetés par les USA. Le Quotidien-Agences Les ministres des finances des sept pays les plus industrialisés (G7) ont consacré "80% de leur dîner au développement" et à l'Afrique, a confié hier matin le ministre italien des Finances Domenico Siniscalco, avant de se rendre à une nouvelle séance de travail. Incapables de s'entendre, ils se sont séparés pour laisser leurs adjoints poursuivre les négociations. Avant le dîner, l'ancien président sud-africain, Nelson Mandela avait exhorté des ministres, assis sagement en demi-cercle devant lui à ne plus attendre "alors que les pauvres continuent de souffrir". Il a appuyé de tout son poids moral le plan de Gordon Brown, le ministre des Finances britannique, qui a proposé un "Plan Marshall" pour l'Afrique. Il doit permettre au continent de décoller enfin économiquement et socialement, à l'instar de ce qui c'était passé après 1945 pour une Europe ravagée par la guerre. Ce projet a été catégoriquement rejeté par les Etats-Unis. Peut-être aiguillonés par Mandela qui a appelé à "l'action sur tous les fronts", les ministres ont remis la question sur le tapis hier matin après un petit déjeuner avec les grands argentiers de plusieurs grands pays émergents (Chine, Inde, Afrique du Sud, Brésil). Les autres sujets — état de l'économie mondiale, changes, etc — discutés en séance plénière semblaient faire l'objet d'un consensus. M. Brown propose des annulations de dettes et un doublement de l'aide au développement, de 50 à 100 milliards de dollars par an jusqu'en 2015. Ce doublement de l'aide se ferait par le biais d'un nouvel instrument, dit "Facilité financière internationale (IFF)", par lequel les pays riches garantiraient des emprunts des pays pauvres. Ce mécanisme est appuyé par les pays européens, mais rejeté par les Etats-Unis qui, selon le secrétaire d'Etat allemand aux Finances Caio Koch-Weser, sont "dans un état d'esprit différent". Les Américains estiment que cet instrument leur pose des problèmes juridiques, et avancent leurs propres propositions: des allègements de 100% de la dette des pays pauvres très endettés, pour l'essentiel des pays africains. L'annulation de la dette devrait aux yeux des Américains s'accompagner de l'octroi de dons sur une période de 5 à 10 ans et de mécanismes destinés à mesurer leur efficacité sur le terrain.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com