Nouvelle vague : Ces Tunisiens… artistes-médecins





Médecins de formation, ils se retrouvent un jour ou l’autre affairé à l’art, pour ainsi traduire les maux en mots, capter les cris des corps en lambeaux et ramasser les bribes éparses d’une âme humaine qui éclate. A cheval entre bistouri et plume de poésie, ces artistes polymorphes savent qu’une telle entreprise requiert profondeur, subtilité et lucidité. Nous avons mené l’enquête et sondé quelques avis. Les exemples ne manquent pas en fait pour appuyer l’idée qui dit que rien n’est suffi à lui-même: tout se tient, s’étaie et s’entrecroise. Se former pour devenir médecin n’empêche pas le fait qu’on peut receler d’autres penchants. On peut citer l’expérience de Taïeb Bel Hadj Nasr, chirurgien et auteur du roman “Zaâfrane” ayant reçu le prix Aboulkacem Chebbi pour l'année 2004. Noureddine Fazzi, lui aussi médecin, a mené en parallèle une carrière de journaliste. Idem pour Hatem Bel Haj qui a fait un cursus médical pendant 2 ans avant de l’interrompre suite à une volonté incessante de faire du journalisme. Vous le connaissez, certes notre confrère du journal Le Temps co-scénariste des deux versions de “Kalabès” (Guignols) ayant écrit aussi les textes des deux sitcoms de Ramadan “Loutil” (L’hôtel) et “Chez Azaïez”. Samir Chichti est aussi médecin qui avec son travail dans son cabinet est pianiste émérite ayant composé des chansons pour Nabiha Karaouli. Rappelez-vous que c'était à l’époque de “Kontra” la troupe de musique engagée qui a ravivé du fin fond de notre patrimoine des chansons pleines d’émois, des chefs-d’œuvre qu’on écoute toujours avec le même entrain. Last but not least, nous avons aussi l’exemple de Mehdi Mahfoudhi, auteur de trois recueils de poèmes “Mes maux par mes mots”, “Tendrement” et “Z”. Médecin généraliste, Mehdi a aussi la verve poétique qui lui brûle les lèvres et la fibre artistique jusqu’au bout des ongles. C’est paraît-il la bannière du mot juste, de la parole vraie qu’il tend telle une oriflamme pour nous balancer en pleine figure des écrits sur l’épouvante de l’âme humaine. * Star Academy Mehdi Mahfoudhi vient tout juste de rentrer de Paris. Là-bas il a écrit la chansons “Ecrire” pour Michel, le finaliste de la Star Academy 4. Bien avant l’année dernière, il a été le parolier de la chanson de Nolween “14 février”. Dans les jours qui viennent nous aurons à voir “Intoxication poétique” représentant l’éventail de 30 poèmes. A une question qu’on lui a posée sur la relation entre intoxication alimentaire et celle poétique, Mehdi nous a répondu qu’il n’y a aucune différence. En fait, faire de la médecine ou faire de la poésie, chez certains c’est complémentaire. Je traduis les maux humains par des mots”, souligne-t-il. Mais finalement, un médecin qui se respecte a une telle entreprise créatrice où la souffrance est à tout bout de champ. La réponse on l’a eue presque unanime. Mehdi nous dit que cela est venu tout seul puisqu’il a été élevé dans une famille qui attache beaucoup d’importance à la lecture. Risa alias Ridha Sarsar, si on prend l’exemple d’un homme d’affaires converti en peintre, nous a confié que ce métier de l’art lui tient à cœur depuis qu’il fréquentait les milieux culturels et artistiques des années soixante, pendant son séjour en France. C’est lui qui nous a confié un jour que sa femme était agacée par la peinture qu’il mettait partout. Feu “Gayès”, Raoudha Mouelhi, sont des artistes qui ont mené une carrière autre en parallèle avec la peinture. La palette, en fait, est riche en couleurs. A l’image de l’âme de ses concepteurs. Mona BEN GAMRA


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com