Jeunes et superstition : Présage, quand tu nous fais mal !





Pour certains, la journée se décide selon les signes et les présages... Pas question pour eux de passer sous une échelle, ou nécessité de croiser les doigts quand ils voient un chat noir. Pis encore, ils cherchent à éviter à tout prix de rencontrer de bonne heure une personne réputée être de mauvais augure... Eviter le malheur est, selon certains, une façon de se protéger et ne rentre pas dans le cadre de la supertition. Tunis - Le Quotidien Talismans, objets fétiches, amulettes... sont des gadgets incontournables que prennent certains avant de franchir le seuil de chez eux. D’autres se limitent à lire des versets coraniques et à prononcer des prières pour qu’une force divine les protège de l’imprévu. Entre les uns et les autres, il y a une différence... A quel rang appartiendraient les jeunes? Saïf, 18 ans élève en 6ème année ne croit pas aux présages. Sauf que le jeune homme croit à la chance. “Je passe sous l’échelle, je ne fais jamais attention aux chats noirs ou aux autres signes, mais j’ai la certitude que certaines personnes peuvent me faire du tort s’ils ont un mauvais fond. Je crois aussi à la chance. Cela dit je ne crois pas être superstitieux”, dit-il. Nassim, 29 ans est agent immobilier. Nassim croit à certaines choses et pas à d’autres. Son côté quelque part irrationnel il le tient de son expérience dans la vie. “Je crois au mauvais œil. D’ailleurs, j’étais à maintes reprises victime de l’envie. Mais je ne suis pas superstitieux pour autant du moment que le mauvais œil a été cité dans le Coran. Je crois aussi à ce que chaque lieu est d’un augure favorable ou néfaste et cela est lié aussi à ma foi, car chaque endroit est habité aussi bien par des humains que par des jinns. Et ces derniers existent aussi dans notre livre divin. A part ces deux choses, je crois que tout le reste est une question de destin”, dit-il. Implicitement et sans s’en rendre compte Nassim craint certains présages. Mais le jeune homme essaye toujours de rester rationnel et de ne pas trop chercher dans l’au-delà... Saber, 17 ans, et en dépit de son jeune âge, le jeune homme a un sens aigu de rationnalisme. Il trouve que tout ce qui touche à la supertition n’est autre que du charabia. “Si je vais croire à un pouvoir surnaturel, ce n’est autre que le pouvoir de Dieu. Je crois profondément au destin. Parce que ce dernier est une affaire divine. C’est irrationnel et contre toute logique que de croire qu’un signe ou un être humain puisse changer notre sort”, dit-il. Rakia, 18 ans candidate au bac, reconnaît être plutôt superstitieuse au point d’en devenir carrément malade. “Il suffit qu’un événement néfaste coïncide avec un jour où j’ai porté un nouvel habit pour que je l’oublie à jamais. Je l’enterre au fond du placard avec la certitude qu’il m’a porté malheur. Je fais aussi le rapport entre la première personne que j’ai rencontrée le matin et les incidents de la journée pour juger s’il est de bon ou de mauvais augure. J’ai beau essayer me débarrasser de ces idées que je reconnais sans fondement logique, je n’ai pas réussi... Parfois, j’ai l’impression que ce sont justement ces idées noires qui m’accablent”, reconnaît-elle. Beaucoup sont comme Rakia. Ils croient aux présages et aux signes... Une réelle obsession. D’autres chassent ces idées néfastes en ayant la foi, notre premier et ultime recours pour avoir la paix avec nous-mêmes et avec notre environnement. Abir CHEMLI OUESLATI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com