Houda Rajab : Le monde dans un tapis





Le tapis est son propre territoire. Elle y met toute son énergie, tout son imaginaire et le défend jalousement. Avec des nœuds, l’artiste noue et renoue les couleurs et les formes ancestrales. Et pas seulement. De son enfance à Jammel, un village du Sahel, Houda Rajab a gardé une certaine fascination des tissus aux couleurs vives, mais aussi une familiarité avec les produits naturels: laine, henné, safran, grenade… C’est donc tout naturellement qu’après son diplôme de l’Ecole des Beaux-Arts de Tunis, elle s’est spécialisée dans la tapisserie. Le klim, le mergoum et le tapis de style “fenouza”, caractéristique de Ksibet Madiouni, n’ont aucun secret pour elle. Deux ans aussi dans l'atelier de Mohamed Njah, l’un de nos meilleurs plasticiens spécialisés dans le tapis, lui ont permis de compléter sa formation. “Synthèse visuelle” est le titre de sa première grande exposition personnelle qui se tient du 5 au 25 février à la Galerie d’Art Essaâdi à Carthage. Elle présente dix-huit œuvres de divers formats où elle exprime les techniques mixtes (ara et point noué) et donne libre cours à son imaginaire plastique à mi-chemin entre une figuration qui ne dit pas son nom et une abstraction qui allie avec bonheur formes géométriques et signes berbères spécifiques du tapis traditionnel (racines, troncs, branches, fleurs, pétales, graines…). le tout rehaussé par une véritable orgie de couleurs, souvent criardes et énergiques. “J’adore les couleurs saturées et vives et j’utilise indifféremment la teinture chimique et celle naturelle extraite de plantes et épices et d’autres produits”, explique Houda Rajab qui s’adonne parallèlement à la tapisserie, à la peinture à l’huile. A vingt-huit ans, cette artiste racée —et enracinée dans son terroir— entame une carrière artistique et pédagogique. En effet, tout en s’adonnant à sa passion, elle enseigne dans un lycée et poursuit des études de 3ème cycle aux Beaux-Arts. Zohra ABID


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com