Réunis à Nice : L’Otan minimise ses divergences sur l’armée irakienne





Les ministres de la Défense de l'Otan ont passé en revue les différents théâtres d'opération où les alliés sont engagés, avec une volonté de minimiser les divergences sur la formation de l'armée irakienne. Le Quotidien-Agences La France, qui a accueilli à Nice sa première réunion ministérielle de l'Alliance atlantique depuis sa sortie de la structure militaire en 1966, a voulu insister sur ce symbole du réchauffement récent des relations transatlantiques. "L'Otan est ici chez elle", a déclaré la ministre française de la Défense en ouvrant les débats sur la Côte d'Azur. "Cette réunion ici souligne combien la France assume ses responsabilités et son rôle au sein de l'Alliance, qu'il s'agisse des opérations ou qu'il s'agisse de la transformation", a-t-elle ajouté en rappelant que des officiers français commandaient les opérations en Afghanistan et au Kosovo. Après les divisions provoquées par l'invasion de l'Irak par les forces américano-britanniques en 2003, ce rapprochement entre le "camp de la paix" emmené par la France et l'Allemagne et le "camp de la guerre" trouvera son couronnement lors de la visite de George Bush à Bruxelles le 22 février prochain. Pour les Etats-Unis, la priorité est d'obtenir que les alliés de l'Otan participent à la formation de l'armée irakienne pour qu'elle soit le plus rapidement possible en mesure de prendre le relais des troupes de la coalition. Mais même si la nouvelle secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice s'est félicitée mercredi, lors d'une réunion avec ses homologues de l'Otan à Bruxelles, de la volonté politique de tous d'y participer, le compte n'y est pas. Il n'y actuellement que 110 officiers de l'Otan chargés de cette tâche, sur les 300 que devrait compter l'académie que l'Otan compte installer près de Bagdad, un nombre insuffisant. Le secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, a insisté sur la nécessité d'aller plus vite en besogne. "Nous ressentons un grand sentiment d'urgence pour que les forces irakiennes soient entraînées et équipées et soient de plus en plus capables d'assumer la responsabilité de la sécurité de leur pays", a-t-il déclaré à son arrivée à Nice. * Une équipe de football désunie Selon des participants au dîner d’avant-hier soir, il s'en est pris aux pays de l'Otan membres de la structure intégrée - tous les 26 pays, à l'exception de la France - qui refusent de dépêcher leurs officiers sur place, en faisant l'analogie avec une équipe de football dont la moitié refuserait de jouer. Il ne sera pas complètement entendu: l'Allemagne et la France ont répété qu'elles n'enverraient pas d'hommes en Irak. Alliot-Marie a répété que la France avait offert de former des officiers de police et de gendarmerie au Qatar et sur son sol, tandis que l'Allemagne le fait dans les Emirats arabes, deux opérations purement bilatérales, et non "otanesques". L'Espagne a quant à elle proposé de former des démineurs, mais également sur son sol, dans un centre proche de Madrid. L'Alliance, qui insiste pour qu'il y ait une harmonisation de la formation grâce à l'adoption de normes Otan, paraît d'ailleurs résignée à tenir compte de ces limitations pour obtenir un accord, les alliés offrant de l'argent, une formation à l'intérieur ou à l'extérieur du pays ou de l'équipement. Les ministres de la Défense ont également évoqué l'extension de la force internationale d'assistance à la sécurité en Afghanistan (Isaf) et la sécurisation des élections législatives et locales qui auront lieu dans le pays au printemps.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com