Pérégrinations sur le Rocher : Oh, oh Monaco





* De notre envoyée spéciale Zohra Abid Nous vous convions à une promenade dans la ville princière de Monaco que nous avons visitée à l’occasion de la 3ème édition de Monaco Dance Forum, du 14 au 18 décembre. Grâce, beauté et volupté sont les maîtres mots pour raconter une ville qui se veut à la fois authentique, riche de son passé, et cosmopolite, ouverte aux vents de la modernité et de la modernisation. Pour aller à Monaco, on débarque à l’aéroport de Nice. Trois quarts d’heure en voiture sont nécessaires pour arriver au centre ville. On traverse une route sinueuse qui serpente au flanc d’une montagne. Ici, la chaîne des Alpes maritimes se jette dans les bras de la Méditerranée. La mer en contrebas, la montagne rocheuse, les jardins et les demeures luxueuses offrent une vue d’une rare beauté. En ce 15 décembre, il fait particulièrement beau. L’air est frais, chargé des embruns de la mer toute proche, mais le soleil est au zénith et la lumière est éclatante et limpide. La ville proprement dite est construite à même la montagne, comme accrochée au rocher, surplombant une baie ponctuée de criques et de ports de plaisance, où sont amarrés toute l’année des centaines de yachts sublimes appartenant à de riches rentiers, des héritières ou des représentants de la jet-set. La ville s’étend sur 195 hectares dont une trentaine gagnés sur la mer grâce à des travaux de remblai. Officiellement, elle compte 32.000 résidents dont les 2/3 sont des étrangers. Ville cosmopolite, on y parle pratiquement toutes les langues à côté du français et de l’italien (La Botte est à 14 km). Le monégasque, un mélange d’idiomes latins, est parlé par quelques milliers de nationaux et enseigné dans les écoles. Pour se déplacer d’un point à un autre, on s’épuise à monter et descendre les ruelles en pente où s’alignent les hôtels de charme, les palaces, les boutiques de mode (ici, les grands couturiers et joailliers de Paris,de Genève et de Milan ont pignon sur rue). Ceux qui n’ont pas la force de monter et descendre sans cesse les rues, peuvent prendre les ascenseurs et escalators publics. Pour rendre le plus agréable possible le séjour de leurs hôtes, les Monégasques ont pensé à tout. Au sommet du rocher, le palais princier surplombe la ville et la mer, à la fois grandiose et beau. Avec son architecture moyenâgeuse, (il a été construit il y a sept siècles), il témoigne du passé de la principauté. Les visiteurs peuvent le découvrir en compagnie de guides maîtrisant une dizaine de langues. Ils peuvent voyager à travers les siècles en découvrant ses fastes, notamment la galerie à l’italienne, les salons Louis XV, Bleu et Mazarin, la salle du Trône, la chapelle Palatine et la Cour d’honneur. Le prix d’entrée est presque symbolique, 6 euros. Outre ses fameux casinos et palaces hantés par une race de bourgeois désœuvrés et pourris d’argent, la ville offre au commun des touristes de nombreux attraits, notamment le musée naval, qui retrace la fabuleuse histoire de la marine à travers une remarquable collection de plus de 250 maquettes et objets, dont certaines remontent à l’antiquité, le Jardin animalier où sont logées de nombreuses espèces de la faune tropicale et africaine, la Collection des voitures, une centaine qui avait appartenu à son altesse le prince Rainier III de Monaco, le musée de timbres et de monnaies, le Chemin des sculptures, une collection unique d’œuvres réalisées par les plus grands sculpteurs contemporains, le Jardin exotique, sans oublier la vieille ville avec ses palaces et chapelles, ses maisons pittoresques et la Cathédrale de Monaco construite en 1875, un bel édifice de style roman-byzantin… Etat indépendant, Monaco est le 46ème membre du Conseil de l’ONU. Il y a quelques années, la ville-Etat a célébré le 700ème anniversaire de ses maîtres, les descendants de la dynastie Grimaldi. La ville qui sait se faire belle Ville princière qui attire une foule de fêtards en quête d’amusements et de rencontres insolites, Monaco sait se faire belle à toutes les périodes de l’année. A la mi-décembre, elle était parée de serpentins, guirlandes, cotillons blancs, bleus, verts, rouges, dorés, argentés, pailletés et «glossy». Tout était prêt pour fêter comme il se doit la nouvelle année : voitures richement décorées, arbres soigneusement taillés, églises et monuments éclairés, promenades publiques bien balisées… avec en prime un zeste d’élégance et de bon goût qui sied à son statut princier. L’air est doux, le thermomètre annonce généreusement 10°C. Le soleil est là, timide mais présent. Ses rayons chauffent les cœurs des promeneurs. Nous sommes loin des frimas de l’hiver. Les joueurs invétérés se dirigent vers le casino, situé en bord de mer, où les hommes les plus friqués de la planète viennent sacrifier à leur douce manie et claquer une partie de leur fortune. Leurs voitures luxueuses sont garées au parking, transformé en une véritable exposition de belles limousines aux formes riches et aux couleurs bariolées. Dans cette atmosphère tendre et sucrée, presque caressante mais exclusive, car interdite au commun des mortels, Monaco offre une diversité d’activités culturelles et de loisirs. A longueur d’année, les spectacle de théâtre et les ballets de chant, les expositions d’art, les représentations de cirque sont proposés aux Monégasques et à leurs hôtes. Bien sûr, il vaut mieux être riche et beau pour bien savourer les mille et un attraits d’une ville qui aime afficher ostensiblement sa richesse, parfois insultante. Les quelque 2000 invités participants à la 3ème édition de Monaco Dance Forum du 14 au 18 décembre, n’ont pas eu beaucoup de temps pour explorer tous les aspects de la ville. Pendant ces cinq jours, le Grimaldi Forum, une immense pyramide en verre dont l’espace est ingénieusement aménagé pour accueillir simultanément les spectacles, réunions, expositions, rencontres diverses, aura été pour les festivaliers à la fois un espace de rêve, de découverte et de plaisir partagé. Pour nous en tout cas, journalistes venus d’un pays du Sud, le festival a été une occasion pour découvrir les nouvelles tendances de l’art chorégraphique et scénique contemporain et de se laisser fasciner par une ville à la fois méditerranéenne, européenne, chaleureuse et élégante, offerte et interdite, désirable et toujours désirée par une foule d’amants venus des quatre coins du monde. Z.A.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com