«Fitna. Guerre au cœur de l’Islam» : Le double échec de la guerre en Irak





«Fitna. Guerre au cœur de l’Islam» un ouvrage du chercheur français, Gilles Kepel paru en septembre dernier, a fait l’objet d’une cérémonie de présentation, avant-hier, en fin d’après-midi à la Médiathèque Charles de Gaulle de Tunis. «L’auteur de «Fitna. Guerre au cœur de l’Islam» n’est ni un intellectuel musulman ni un adepte de l’orientalisme, mais un chercheur qui dresse des constats et explique une situation par laquelle passe l’Islam». C’est ainsi que Hamadi Redissi, professeur des sciences politiques à l’université de Tunis présentait Gilles Kepel lors de cette cérémonie. En effet, ce livre qui est l’aboutissement d’une série d’investigations et des recherches sur les conséquences néfastes qui ont résulté de l’échec d’un certain nombre d’événements à travers le monde des années 1990 à nos jours. Parmi ces événements, on peut citer le non respect des accords d’Oslo, entre la Palestine et Israël, le problème de la Bosnie, l’invasion du Koweït et le déclenchement de la première guerre du Golfe, la crise islamiste en Algérie et au Soudan, l’avènement des Talibans au pouvoir en Afghanistan. «Toutes ces crises ont abouti incontestablement à un constat très important. Celui de l’échec du Jihad que Ben Laden et Al Qaïda dirigent», note Gilles Kepel. Ainsi, avec les attentats du 11 septembre 2001, Ben Laden et son mentor Zawahiri visaient à enrayer le déclin du Jihad qui avait échoué pendant les années 90. Cette provocation intervenait au moment où Bush accédait au pouvoir. Pendant que le puissant lobby néo-conservateur repensait les intérêts stratégiques américains. Il fallait ainsi que le pouvoir de Bush trouve une porte de sortie pour maintenir les USA au rang des pays les plus développés en lui redonnant son image prestigieuse «entamée» par les attentats du 11 septembre. Et ce fut l’invasion de l’Afghanistan, et puis le fameux compte à rebours, au sujet des prétendues armes de destruction massive en Irak. Mais toutes ces guerres n’ont permis, ni à écraser le Jihad en Irak, puisque la résistance dans différents endroits de ce pays se poursuit, ni à l’arrestation de Ben Laden. De tous ces événements, Gilles Kepel dresse aussi un autre constat de taille, l’échec du Jihad qui malgré le discours de ses ténors, comme Ben Laden, Zawahiri, Sadr, lesquels visant à mobiliser les masses, n’ont pas non plus réussi à généraliser le soulèvement populaire aussi bien en Irak qu’en Algérie ou en Afghanistan. Et la guerre entre Islamisme et les pouvoirs politiques ou contre le terrorisme ne s’est passée qu’entre les USA et certains pouvoirs bien ciblés à savoir, ceux de Saddam, des Talibans, entre autres. Mais sur un autre plan, le monde musulman est entré dans une phase de Fitna ou de discorde. D’abord, la discorde s’est développée entre les ténors actuels du Jihad et les Oulémas qui revendiquent le monopole légitime de toute guerre sainte. En suite, celle-ci s’est emparée, dans le monde arabe, des différentes structures politiques opposant les traditionnels leaders politiques musulmans à de nouveaux chefs de groupuscules islamistes porteurs de message de révolte, à l’instar de Moqtada Sadr, le GIA en Algérie ou de réseaux «terroristes virtuels» entre autres. «Mais c’est en Irak que se situe l’enjeu de la Fitna aujourd’hui», a démontré Gilles Kepel. En effet, «Fitna. Guerre au cœur de l’Islam» est un ouvrage qui développe une démarche chronologique spécifique. Ce livre aide à comprendre la logique ayant abouti aux attentats du 11 septembre. L’auteur y combine trois démarches méthodologiques. D’une part, la méthodologie de la sociologie de la religion qu’il concilie avec l’histoire du présent et au journalisme d’investigation. Ousmane WAGUE


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com