Passage à 2005 : Le monde entier sous le choc





Le souvenir des raz-de-marée dévastateurs en Asie, qui ont peut-être fait 150.000 morts, a marqué le passage à 2005 dans le monde, avec des festivités annulées ou remplacées par des prières, tandis qu'une mobilisation internationale exceptionnelle s'organisait. Le Quotidien-Agences L’Onu a estimé que les raz-de-marée pourraient avoir fait 150.000 morts, en admettant que le "chiffre absolu et définitif" ne sera probablement jamais connu. "Ce que nous voyons c'est que les chiffres pourraient atteindre les 150.000 morts. La grande majorité d'entre eux se trouvent en Indonésie et à Aceh, qui est la zone où le décompte est le plus difficile à faire en raison de contraintes logistiques", a déclaré le coordonnateur de l'aide d'urgence pour les Nations unies, Jan Egeland. Avec cinq millions de déplacés, souvent sans abri, selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), et privés de nourriture ou d'eau potable, le plus grave danger est désormais lié aux risques d'épidémies, à la suite de l'empoisonnement de l'eau par les cadavres et de l'infiltration d'eau de mer dans les puits. Ainsi en Indonésie, la situation est particulièrement dramatique dans le nord de l'île de Sumatra, proche de l'épicentre du séisme, où près de 100.000 personnes pourraient avoir péri et 500.000 autres sont aujourd'hui sans abri. Des médecins dans la ville ravagée de Banda Aceh ont expliqué que de nombreux blessés souffrent de maladies respiratoires après avoir aspiré des particules comme du sable, lorsqu'ils ont été entraînés dans les flots. Alors que les bilans ne cessent de s'alourdir, la communauté internationale se mobilise pour venir en aide aux sinistrés et réfléchir aux suites de la catastrophe. Les principaux bailleurs de fonds seront réunis le 6 janvier en Indonésie, pour un sommet de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (Asean), élargi à d'autres Etats, consacré aux conséquences des raz-de-marée. Les Premiers ministres japonais Junichiro Koizumi et australien John Howard doivent notamment y participer. Une conférence des donateurs pour venir en aide aux sinistrés aura lieu par ailleurs le 11 janvier à Genève. Le dernier décompte provisoire faisait état de plus de 127.000 morts, dont plusieurs milliers d'étrangers, dans huit pays d'Asie. Le premier pays touché est l'Indonésie, avec 79.940 morts confirmés dans le nord de Sumatra, mais les autorités ont annoncé qu'elles renonçaient désormais à tout décompte précis en raison d'une marge d'erreur trop importante. Au Sri Lanka, qui compte 28.743 morts officiellement, le nombre des disparus a fait un bond samedi, porté à 13.976 personnes. Si leur mort était confirmée, le bilan dans ce pays dépasserait les 40.000 morts. Des pluies diluviennes y sont venues aggraver le sort de milliers de sans-abri, et une dizaine de camps, inondés, ont dû être évacués. En Thaïlande, le dernier bilan publié hier (4.812 morts, dont 2.407 étrangers, et 6.541 disparus) pourrait encore s'alourdir pour atteindre les 7.000 à 8.000 morts, selon les autorités. L'Inde compte elle 11.736 morts, et des milliers de disparus. * Deuil et prières Le désastre qui a frappé l'Asie a entraîné l'annulation des festivités du Nouvel An dans la plupart des pays de la région, où le deuil et la prière ont remplacé les feux d'artifice, et donné une sobriété particulière aux manifestations partout dans le monde. Ainsi à Times Square, au coeur de New York, des centaines de milliers de personnes ont observé une minute de silence à la mémoire des disparus. "Les tragiques événements récents nous rappellent que nous appartenons tous à une communauté globale", ont expliqué les organisateurs de la soirée. A Londres, un gigantesque feu d'artifice a illuminé la ville aux douze coups de minuit égrenés par Big Ben, mais deux minutes de silence ont rappelé aux spectateurs le sombre contexte des festivités. Et à Paris, où 400.000 personnes étaient rassemblées sur les Champs-Elysées, la célèbre avenue arborait, en signe de deuil, des voiles noirs accrochés aux arbres. En Asie, l'Indonésie, le plus grand pays musulman du monde, a vécu la dernière journée de 2004 dans le deuil et la prière, et le traditionnel feu d'artifice a été annulé. Le Sri Lanka a observé vendredi une journée de deuil national. En Thaïlande également, veillées à la bougie et cérémonies bouddhistes ont remplacé les feux d'artifice. Une veillée aux chandelles et des appels à la prière ont accueilli 2005 sur l'île touristique dévastée de Phuket où, aux douze coups de minuit, des centaines de Thaïlandais et de touristes étrangers sont descendus dans les rues de Patong, bougies et fleurs à la main. En Malaisie, pourtant nettement moins touchée avec 53 morts, les festivités ont aussi été remplacées par des prières. En signe de solidarité, Hong Kong a annulé ses feux d'artifice. En Italie, de nombreuses festivités ont été annulées, de même qu'en Turquie et à Bruxelles. La fête du Nouvel An a parfois été l'occasion de recueillir des dons, comme à Sydney, où les dons se sont élevés pour la seule soirée de la Saint-Sylvestre à plus de 1,1 million de dollars australiens (850.000 USD). Les Britanniques se sont montrés particulièrement généreux avec des dons qui ont atteint 50 millions de livres (70,5 millions d'euros), dont 18 millions de livres pour la seule journée de vendredi. __________________ Important seisme au large de l’Indonesie Un nouveau séisme est survenu samedi au large de l'île indonésienne de Sumatra, l'une des régions les plus touchées par les tsunamis qui ont ravagé les rivages de l'Asie du sud et du sud-est le 26 décembre, et où de fréquentes répliques ajoutent encore au désarroi de centaines de milliers de sans-abri. Tout danger de nouveau raz-de-marée était cependant écarté, selon l'observatoire de Strasbourg (France), après cette secousse de magnitude 6,5 sur l'échelle ouverte de Richter. _______________ Née le 26 décembre, une petite Indienne prénommée "Tsunami" Le Quotidien-Agences Une enfant née le 26 décembre, jour des raz-de-marée meurtriers en Asie, a été prénommée "Tsunami" par ses parents, qui vivent sur une île de l'archipel indien des Andaman. "Quand le tremblement de terre a été ressenti, le travail a commencé, mais nous avons couru dans les forêts et je suis tombée", a expliqué Namita Rai, désormais hébergée dans un camp de Port Blair, capitale des Andaman, après avoir été secourue sur son île de Hut Bay, jeudi. "Je me suis évanouie, mais mon mari m'a traînée sur 500 mètres dans la forêt. Je souffrais beaucoup, mais il me fallait vivre pour cette petite", a-t-elle encore raconté. "Au moment où les eaux engloutissaient notre maison, Tsunami est née, un mois avant terme", a poursuivi son mari, Laxminarayan Rai. "Tout le monde s'occupe d'elle ici. Ils l'ont appelée Tsunami et nous avons accepté", a-t-il expliqué. ________________ Bush : Le carnage en Asie «défie l’entendement» Le Quotidien - Agences Le carnage en Asie provoqué par les raz-de-marée “défie l’entendement”, a déclaré hier le président américain George W. Bush. “En ce premier jour de la nouvelle année, nous nous joignons à la tristesse du monde entier face à cette immense tragédie humaine”, a déclaré Bush dans son allocution radiodiffusée hebdomadaire. “Un carnage de cette ampleur défie l’entendement, avec plus de 100.000 victimes. J’ai signé une proclamation ordonnant que le drapeau de notre pays soit mis en berne la semaine prochaine”, a-t-il indiqué. Il a rappelé que les Etats-Unis avaient décidé de consacrer 350 millions de dollars d’aide d’urgence, détaillé les moyens militaires américains déployés dans la région sinistrée et rappelé que son secrétaire d’Etat Colin Powell s’y rendrait aujourd’hui avec Jeb Bush, le gouverneur de Floride, qui est également l’un des frères du président.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com