L’opposition en 2005 : Guerre annoncée contre les luttes fratricides…





Ayant tiré les leçons de leur participation aux élections présidentielle et législatives d’octobre 2004, les partis de l’opposition ont, d’ores et déjà, défini les sentiers à battre durant l’année en cours. Même si les dossiers prioritaires diffèrent en fonction de la situation interne de chaque parti, la majorité des formations politiques d’opposition déclarent la guerre aux luttes fratricides en vue de mettre de l’ordre dans le jardin. Sans pour autant procéder de la même manière... Tunis - Le Quotidien Les rendez-vous électoraux d’octobre 2004 ont démontré que les partis souffrant de querelles intestines essuient forcément des échecs cuisants sur le plan des résultats. Ce constat amer n’a pas laissé indifférents les partis de l’opposition qui tiennent plus que jamais à resserrer leurs rangs et à mettre de l’ordre dans leur jardin. Force est de remarquer, toutefois, que ces partis n’ont pas opté pour la même stratégie dans leur guerre annoncée contre les luttes fratricides constituant un handicap majeur au rayonnement de l’opposition. Certains partis ont, en effet, choisi les congrès pour venir à bout de cet handicap. C’est le cas de l’Union Démocratique Unioniste (UDU) qui se prépare à tenir son congrès en mars prochain dans l’espoir de mettre un terme aux remous qui couvent sous la cendre depuis l’élection de M. Ahmed Inoubli secrétaire général du parti après avoir connu leur apogée avant les dernières présidentielle et législatives. «Le congrès donnera sans doute un nouveau souffle au parti d’autant plus qu’il renforcera la cohésion entre les unionistes et permettra d’élaborer un programme solide», nous confie M. Inoubli en faisant remarquer que le parti se penche désormais sur la restructuration des sections et des fédérations ainsi que sur les préparatifs pour les élections municipales de mai 2005. Du côté du Parti Social Libéral (PSL), on aspire également à sortir de l’impasse par congrès interposé. La lutte intestine apposant le président et le secrétaire général du parti pourrait, en effet, prendre fin au cours du congrès de cette formation d’opposition, prévu pour mars prochain. Alors que M. Mounir Béji, président du parti, estime que le fait de reconduire les mêmes membres du Bureau politique sortant à l’exception du secrétaire général du parti suffit pour tirer l’épine du pied, M. Hosni Lahmar, S.G du parti, qui compte présenter une liste à part durant le congrès, estime de son côté qu’il faudrait plutôt «définir un programme clair, démocratiser les prises de décision et dynamiser les structures du PSL» afin que l’unique formation politique purement libérale en Tunisie prenne réellement son envol. * Le consensus à l’épreuve Au niveau du Parti de l’Union Populaire (PUP) qui semble relativement épargné en matière de querelles intestines, l’intérêt se porte essentiellement selon M. Hichem Hajji, membre du Bureau politique et député du parti, sur les municipales et la dynamisation de l’organisation des jeunes en dépit du fait que de nombreux militants appellent à la tenue d’un congrès extraordinaire avant la fin de l’année en cours dans le but d’intégrer les nouveaux cadres dans les structures du parti. Pour les démocrates socialistes, c’est le consensus qui a marqué les travaux du dernier congrès du parti suite à une grave crise interne. «La distribution des cartes d’adhésion et la restructuration des sections et des fédérations révéleront si le consensus est encore solide», précise M. Laâroussi Nalouti, membre du Bureau politique du MDS. Et d’ajouter que les «congrès des sections et des fédérations devraient être démocratiques et non pas consensuels». Les militants du Mouvement des Démocrates Socialistes appellent également à revoir les orientations du parti, lequel semble avoir délaissé son esprit critique afin qu’il sauvegarde sa renommée de deuxième formation politique en Tunisie et à durcir le ton avec les groupuscules et personnes «indisciplinées» dans le but d’éviter une énième scission. Le Mouvement «Ettajdid» aspire encore et toujours à la création d’un «front démocratique et progressiste». M. Adel Chaouech, membre du Bureau politique du parti, précise que l’Initiative démocratique qui a su survivre suite aux échéances électorales d’octobre pourrait s’élargir grâce à un débat de fond avec d’autres forces progressistes telles le Parti Démocratique Progressiste et le Forum Démocratique pour le Travail et les Libertés. Décidément, les différents partis de l’opposition tenteront au cours de l’année en cours de chasser les luttes intestines tantôt par le biais du débat, tantôt par l’exclusion même si ces remous selon certains observateurs risqueraient toujours de revenir au galop... W.K.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com