Les jeunes et le sens de la responsabilité : Fils à papa et… peu fiers de l’être !

Rares sont les jeunes qui s’assument. Qu’ils soient «fils à papa» ou issus d’un milieu modeste, les jeunes conçoivent difficilement la responsabilité, les obligations et les charges. Ils sont toutefois unanimes à dire : «non à la démission»… Pour ces jeunes, la responsabilité est un terme qui se conjugue au futur ! Tunis — Le Quotidien Quelques-uns, en dépit de leur jeune âge, essayent de s’assumer entièrement. D’autres prennent même leur famille en charge. Mais entre les uns et les autres, il y a ceux qui sont «nés avec une cuillère en or dans la bouche» et ces autres qui n’admettent pas la rupture du «cordon ombilical» qui les lie à leur famille depuis belle lurette. Mais il semble que le sens de la responsabilité s’appprend tout comme les valeurs. C’est d’ailleurs ce que pense Mohamed Adel Ben Moussa, étudiant en tourisme, âgé de 20 ans. «Certaines familles, bien qu’elles soient d’un milieu aisé, apprennent à leurs petits à compter sur eux. Et ce, même avec les tout petits détails. En les initiant à arranger leur lit, à apprendre à lire et à écrire sans aide… Cela aide les jeunes à forger leur personnalité et à compter sur eux-mêmes. Un jeune qui est né dans une ambiance où on lui apprend à compter sur soi, saura sûrement devenir un jeune qui s’assume même partiellement. Cela dit, je suis éduqué de la sorte. A présent, je suis en quête d’un boulot pour pouvoir justement m’assumer», dit-il. Alaâ Eddine Grira, 20 ans, étudiant, pense que le sens de la responsabilité n’est pas une affaire qui s’apprend. «Hélas, la jeunesse d’aujourd’hui ne pense qu’à des futilités. Certains jeunes croient aux plaisirs instantanés, aux solutions faciles et ils veulent brûler les étapes et parvenir à leurs fins très vite. Ceux qui veulent se libérer doivent primordialement être responsables. Et la génération d’aujourd’hui comprend mal la liberté. Cela étant, je ne me sens pas non plus responsable mais je fais de mon mieux pour le devenir..», dit-il. C’est également l’avis de Moncef Gbattni, un élève de 20 ans. Le jeune élève croit pertinemment bien que la jeunesse d’aujourd’hui compte en grande partie sur papa et maman. «Je reconnais que les jeunes veulent jouir d’une liberté excessive. Or la liberté se mérite, tout être qui se respecte mérite la liberté en étant responsable. Or d’aucuns ne font pas preuve de responsabilité et ils n’arrêtent pas d’exiger cette liberté tant convoitée. En outre, je pense que si on travaille sérieusement et qu’on est matériellement indépendant, on mérite l’étiquette d’une personne responsable», explique-t-il. Rached Tayeg, étudiant de 20 ans, croit que la responsabilité nécessite un sens aigu, un savoir-faire et une conscience. «La responsabilité n’est pas donnée. Nul ne peut prétendre qu’il est responsable s’il n’est pas doté d’un sens de la maturité. Nous pouvons gagner de l’argent et nous pouvons aussi ne pas pouvoir gérer cet argent. Cela dit, il ne suffit pas d’être indépendant pour être responsable. Il faut être correct et savoir gérer notre vie», dit-il. Décidément, les témoignages des uns et des autres font ressortir une vérité qui semble être générale : les jeunes reconnaissent n’être pas encore prêts pour assumer des responsabilités. Leur âge et leur statut ne leur permettent pas encore d’assumer leur vie. En outre, ils sont prêts à devenir responsables du moment qu’ils sont matures. A.C.O.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com