La torture au centre d’une enquête : L’Attorney général sous le feu du Sénat





Le prochain ministre américain de la Justice Alberto Gonzales sera aujourd’hui sous le feu des questions de la commission des affaires judiciaires du Sénat qui cherchera à évaluer sa responsabilité dans une politique laxiste face à la torture, ayant conduit à des abus à Guantanamo et en Irak. Le Quotidien - Agences Un assistant du vice-président démocrate de la commission Patrick Leahy a prévenu: “La question de la torture sera centrale”, lors de cette audition, en vue de la confirmation de la nomination de Gonzales, l’une des premières du nouveau gouvernement formé après la réélection du président George W. Bush le 2 novembre. Les questions seront précises et nombreuses, a-t-il ajouté. La majorité républicaine sait bien à quoi s’attendre: “Je me doute qu’ils vont essayer de le secouer un peu”, a déclaré dans les couloirs du Sénat l’ancien président républicain de la commission, Orbin Hatch, selon qui les démocrates chercheront, en critiquant Gonzales, à attaquer le président Bush. Le Sénat étant toutefois nettement dominé par le parti républicain du président, la nomination de Gonzales ne semble pas menacée. Succédant à l'ultraconservateur chrétien John Ashcroft, dont la nomination avait également été très controversée il y a quatre ans, Alberto Gonzales sera le premier hispanique Attorney Général, un titre qui recouvre les fonctions occupées dans beaucoup de pays par le ministre de la Justice et celui de l’Intérieur. C’est son rôle dans l’élaboration de la politique gouvernementale sur les “terroristes” présumés capturés en Afghanistan en 2001, lorsqu’il avait décrété que ces détenus n’étaient pas protégés par la convention de Genève sur les prisonniers de guerre, qui lui vaut les critiques les plus sévères. “Soutenir Gonzales, c’est soutenir la torture”, proclamait l’éditorialiste Robert Scheer dans le Los Angeles Times. “Souvenez-vous, il y a trois ans, il a en gros fait un rapport au président (Bush) pour dire que la convention de Genève (sur les prisonniers de guerre) ne s'appliquait plus aux Etats-Unis, et que les règles sur la torture et les interrogatoires étaient dépassées”, a souligné un membre démocrate de la chambre des représentants, Martin Meehan (Massachusetts) à la télévision Fox. Douze officiers à la retraite, dont l’ancien chef d’Etat-major interarmées John Shalikashvili, ont fait la démarche inhabituelle d’exprimer publiquement leur “profonde inquiétude de voir nommer Gonzales comme Attorney général”.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com