Une feuille de route pour Abbas : Israël dicte sa loi





Le Quotidien-Agences Ariel Sharon a une «feuille de route» toute prête pour Mahmoud Abbas. Une fois élu, le futur président de l'Autorité palestinienne bénéficiera d'une courte période de grâce pour faire ses «preuves». Il devra démanteler y compris par la force les organisations militaires des islamistes du Hamas, du Jihad islamique et désarmer les groupes du Fatah, son propre mouvement qui poursuivent leurs attaques anti-israéiennes. Après avoir passé l'épreuve avec succès, Israël renouera le dialogue totalement rompu depuis plus de quatre ans lorsque Yasser Arafat était aux commandes. Puis, durant une deuxième étape, Ariel Sharon s'est dit prêt à «coordonner» le retrait de la Bande de Gaza qui doit s'achever d'ici au mois de septembre, autrement dit à organiser avec les Palestiniens un transfert de pouvoirs, avec le déploiement de policiers palestiniens à la place des soldats israéliens afin d'éviter que la région plonge dans le chaos et passe sous le contrôle des islamistes. Initialement, l'évacuation de la Bande de Gaza y compris le déménagement des 8 000 colons israéliens qui y sont installés devait se faire de façon «unilatérale», «faute de partenaires palestiniens». L'élection quasiment certaine de Mahmoud Abbas, qu'Ariel Sharon a déjà rencontré à plusieurs reprises dans le passé, a rendu cet argument caduc. Une fois l'évacuation engagée, Ariel Sharon affirme qu'il est disposé à appliquer la «feuille de route». Ce plan de paix international prévoyant la création d'un Etat palestinien est resté pour le moment lettre morte. Les Européens, les Egyptiens, l'Onu et dans une certaine mesure les Américains redoutent que le Premier ministre se contente de mettre fin à plus de trente-sept ans d'occupation de la Bande de Gaza pour mieux resserrer l'emprise d'Israël sur la Cisjordanie où sont installés la grande majorité des 240 000 colons. Pour rassurer, Ariel Sharon n'a cessé d'afficher sa bonne volonté en rappelant que son gouvernement avait adopté par un vote la «feuille de route» en mai 2003, tout en assortissant ce feu vert d'une série de «réserves». Toute la question est de savoir si placé au pied du mur, le Premier ministre tiendra ses engagements. «Nous jugerons Mahmoud Abbas sur ses actes et non sur ses discours», explique un proche d'Ariel Sharon. «Pour enclencher le mécanisme prévu par la feuille de route, le futur dirigeant palestinien doit faire le premier pas en commençant à s'attaquer aux groupes terroristes, Israël apportera ensuite sa part du contrat», ajoute ce responsable de la présidence du conseil.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com