Mme Habiba MEJRI–CHEIKH* : «Le travail à mi-temps des femmes fait l’objet de suivi au sein de commissions ad-hoc»





Un certain nombre de mesures en faveur de la femme ont été annoncées par le Chef de l’Etat dans le cadre du programme présidentiel 2004-2009. Les femmes actives peuvent désormais bénéficier d’un travail à mi-temps en percevant 2/3 de leurs salaires. Elles sont appelées par ailleurs à occuper plus de postes de responsabilités dans une proportion égale à 30% des postes de décision. Mme Habiba Mejri, Directrice générale de la Communication et de l’Information au Ministère des Affaires de la Femme, de la Famille, de l’Enfance et des Personnes Agées répond à nos questions sur les moyens de concrétiser cet objectif. Le Quotidien : Le programme présidentiel (2004- 2009) propose, entre autres, aux femmes de travailler la moitié du temps en percevant 2/3 de leurs salaires. Quelles sont les actions entreprises au niveau du ministère pour permettre aux femmes de bénéficier de ce droit ? Habiba Mejri : Cette initiative, ainsi que toutes les autres sont actuellement l’objet de suivi et d’études au sein de commissions ad-hoc, multipartites et multi- sectorielles mises en place en vue de prospecter les meilleurs moyens d’atteindre en temps voulu et avec le maximum d’efficacité, les objectifs fixés par le programme présidentiel. Dès à présent, des responsables d’horizons divers, des experts, et des membres actifs de la société civile se penchent, chacun en ce qui le concerne, dans le cadre de réunions périodiques soutenues, sur les diverses facettes de la question, le quand et le comment mener à bien les nouveaux apports en gardant toujours à l’esprit l’objectif ultime consistant à permettre à la Tunisie de gagner dans les meilleurs délais, les défis de la période à venir, sans déperdition d’aucune nature. — D’aucuns pensent, pourtant, que cette option limite, dans une certaine mesure, les ambitions de la femme active de faire valoir ses compétences dans le monde du travail ? — Je ne le pense pas car il s’agit d’une option, d’un choix délibéré laissé aux femmes qui le désirent et qui font elles-mêmes la demande. C’est, au contraire, une opportunité offerte, selon des conditions bien précises, à certaines femmes en vue de leur permettre d’accorder pendant un laps de temps plus ou moins long, la priorité à l’éducation de leurs enfants qui ont besoin, plus que d’autres, de la présence physique de leurs mères, sans pour cela astreindre ces mères de famille à sacrifier définitivement leurs carrières. Il faut rappeler, par ailleurs, que ces femmes qui auront à mettre, l’espace d’une ou deux années, peut-être plus, leurs carrières en veilleuse pour se consacrer à « un travail » tout aussi valorisant et indispensable à la société que celui qu’elles accomplissent au bureau, conservent la totalité de leurs droits à la retraite et à la sécurité sociale. C’est, à mon sens, une autre manière authentique et en même temps très actuelle, de reconnaître, sans détour et avec force, le rôle indispensable et irremplaçable qui échoit aux mamans dans une société où la famille continue à constituer, encore et toujours, le noyau dur de la société, une société saine et équilibrée, résolument ouverte sur la modernité, mais toujours bien enracinée dans son identité : la Nôtre. — Le Chef de l’Etat a annoncé une série d’initiatives en faveur de la promotion de la femme, dont notamment, 30 % des postes de décision à la fin de l’année 2009. Comment concrétiser cet objectif et quelles seront ses répercussions sur la promotion de la femme et de la société en général ? — L’optimisme est de mise quant à la concrétisation de cette initiative d’avant-garde, ainsi que toutes celles contenues dans le programme électoral du Chef de l’Etat. Et pour cause : La promotion de la situation de la femme qui a toujours figuré parmi les constantes du projet de société initié par notre Président, s’approprie, à la faveur de l’actuel programme électoral, les attributs et les moyens de ce que le programme présidentiel a si justement qualifié de « partenariat actif ». En effet, en confortant, à notre grand bonheur à tous, la position de partenaire actif et effectif de la femme, le Président Ben Ali a choisi de concentrer plus particulièrement l’attention sur le domaine, combien décisif, de la prise de décision en vue de permettre aux femmes citoyennes de prendre part, comme il se doit, à l’œuvre de développement intégral. Il faut dire que, sur ce coup, nous partons largement gagnantes. La femme tunisienne est, en effet, présente à des taux satisfaisants, voire très honorables, dans différents secteurs de la vie active. Les femmes représentent actuellement pas loin de 15 % du pouvoir exécutif, 22,75 % du pouvoir législatif. Elle est tout aussi présente au sein du pouvoir judiciaire, où elle représente 25,7 % du corps de la magistrature et 26 % de l’ensemble des avocats. Il s’agit, à présent, d’œuvrer à capitaliser les acquis et à rehausser davantage la position de la femme au sein des postes de prise de décision, en l’impliquant, selon les critères de la compétence et du mérite, dans la gestion des affaires de la nation. Il faut, à cet égard, préciser que notre ministère, dirigé par une femme jeune et enthousiaste, ainsi que toutes les composantes de la société, œuvrent d’arrache-pied pour la concrétisation de cet objectif national. Un objectif pour lequel nous sommes tous concernés. Sa réalisation ne peut, évidemment, que contribuer à accélérer le rythme de développement de la Tunisie et partant améliorer les performances de la société et le bien-être de tous. Entretien réalisé par Lotfi TOUATI ________________ * Directrice Générale de la Communication et de l’Information au Ministère des Affaires de la Femme, de la Famille, de l’Enfance et des Personnes Agées


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com