Une journaliste française portée disparue en Irak : La France inquiète se mobilise





Quinze jours après la libération de deux journalistes français retenus pendant quatre mois en otage en Irak, une autre journaliste française a disparu dans ce pays depuis mercredi, suscitant l’«inquiétude» de sa rédaction et une mobilisation des autorités françaises qui ont déconseillé l’Irak aux journalistes. Le Quotidien - Agences Florence Aubenas, 43 ans, grand reporter au quotidien “Libération” a disparu en compagnie de son assistant irakien Husseïn Hanoun Al Saâdi. En reportage sur place depuis le 16 décembre, elle enquêtait notamment sur les femmes irakiennes candidates aux élections du 30 janvier. Le président Jacques Chirac, qui présentait hier ses vœux à la presse, a déclaré que “tous les moyens” étaient mis en œuvre pour retrouver la journaliste et a “déconseillé formellement l’envoi de journalistes en Irak”, dans la situation actuelle, marquée par un regain d’actions violentes. Dans une telle période, a-t-il dit. “La sécurité de nos correspondants de presse ne peut pas être assurée”. La disparition de l’envoyée spéciale de Libération et de son assistant interprète survient deux semaines après la libération de deux autres journalistes français, Christian Chesnot et Georges Malbrunot, relâchés par leurs ravisseurs de l’armée islamique en Irak juste avant Noël, après avoir été détenus pendant 124 jours. Elle intervient également une semaine avant la visite officielle en France du président irakien Ghazi Al-Yaouar. La visite, confirmée jeudi par l’Elysée après avoir été plusieurs fois repoussée devrait “améliorer les relations entre les deux pays”, selon la présidence irakienne. Florence Aubenas et Husseïn Hanoun Al Saâdi n’ont plus été vus depuis qu’ils sont sortis de leur hôtel à Bagdad mercredi matin, selon Libération. Pour l’instant, aucun témoignage ni aucune revendication ne sont venus étayer la thèse de l’enlèvement, qui est néanmoins dans tous les esprits. * Aucune certitude Paris a “des inquiétudes mais pas de certitudes”, a déclaré hier le ministre français des Affaires étrangères, Michel Barnier. Soulignant qu’il s’agissait de “deux personnes très expérimentées” et que plusieurs “hypothèses sont possibles”, Barnier a indiqué que les autorités françaises les recherchaient “activement”. “Nous demandons des informations, nous l’avons fait auprès des autorités irakiennes, nous avons visité des hôpitaux”, a-t-il déclaré. Il a recommandé à nouveau aux médias “de ne pas envoyer des journalistes”, en Irak. C’est, a-t-il rappelé, un pays “dangereux” où une “douzaine de journalistes ont été tués et où a disparu depuis le printemps 2003 un cameraman français, Fred Nerac”, qui travaillait pour la chaîne de TV britannique ITN. Serge July, directeur de “Libération”, a souligné que Florence Aubenas, “très expérimentée” avait couvert des événements difficiles et dangereux au Rwanda, au Kosovo, en Algérie et en Afghanistan. Dans un éditorial, le directeur de la rédaction du journal, Antoine de Gaudemar, a précisé qu’au moment de l’enlèvement de Chesnot et Malbrunot, Libération a jugé “important de rester sur place” en Irak. “C’est notre rôle de témoigner aussi longtemps que possible d’une situation de crise ou de guerre”, écrit-il. L’un des deux otages français récemment libérés, Georges Malbrunot, a estimé qu’il allait y “avoir beaucoup d’enlèvements en Irak” et que le risque était “démesuré pour des journalistes occidentaux”.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com