Comportement : Qu’est-ce qui pousse les jeunes à mentir ?





Ils auraient préféré utiliser le «motus et bouche cousue»... Or devant «l’interrogatoire» ils sont obligés de cracher le morceau... Sauf que la révélation ne semble pas être aussi «vraie»... Les jeunes semblent opter pour le mensonge pour éviter d’éventuels quiproquos et conflits avec les parents. Tunis — Le Quotidien Devant les parents, ils sont bien vêtus d’une peau angélique. En deux mots : ils cachent leur jeu. Dehors, ils sont capables de tout. Les alibis, les excuses et le mensonge semblent être leur devise pour se faire passer pour d’innocentes créatures. Leur mobile est de vivre comme bon leur semble, sans avoir affaire aux rapports et aux comptes rendus avec les parents. Akrem Chahdi, 16 ans, recours rarement au mensonge. «Je peux cacher aux parents certaines choses que je ne juge pas graves. Et quand ils me demandent c’est le «niet». Cela dit quand il s’agit d’un grave problème, je fini par tout révéler», confie-t-il. Elyes Tlili, 19 ans, pense que tout dépend de l’éducation «Des parents compréhensifs et tolérants mériteront toujours la confiance de leur progéniture. Par contre si l’enfant grandi dans une ambiance de sanctions et de punitions il aura du mal à parler. Et s’il parle, ce sont des mensonges», dit-il. Elyes trouve qu’il a eu la chance d’avoir des parents plutôt «cool». Ce qui ne le pousse au mensonge que très rarement. «Le dialogue est toujours noué entre moi et mes parents. Quand je révèle ce que je fais et que je reconnais mes torts, ils ne me punirent pas. Il est donc très rare que je mente, histoire de ne pas les décevoir», conclut-il. Chedly, 18 ans, débite des mensonges pour arriver à ses fins... «Je sais d’avance que mes parents diront non, si par exemple je leur demandais la permission d’aller au stade pour voir un match. Or, c’est un lieu «culte» pour moi et je me divertis à fond. En outre, je ne vois pas pourquoi ils sont contre ! Solution : je prétend avoir un cours particulier et... «Olé-Olé». L’autre domaine qui me pousse à mentir : les études. Quand je reçois de mauvaises notes, mes parents me privent de tout et se fâchent après moi... Je ne dit donc pas toute la vérité, ce qui est une façon de mentir !», confie-t-il. Béchir, 17 ans, va plus loin que les autres. Le jeune lycéen trouve que le mensonge est un moyen de vivre ! «Il est impossible qu’on ne mente pas aux parents ! De nature, ils croient que nous avons le diable au corps... Pour qu’ils ne râlent pas tout le temps, nous sommes obligés de leur faire croire que tout baigne !». Cela dit, Béchir ne révèle jamais sa vraie destination aux parents, il gonfle les prix des achats, ils contrefait l’heure du retour... Toujours sous l’enseigne du pouvoir vivre ! Arbi, 19 ans, est un professionnel du retard. C’est d’ailleurs le seul sujet qui le pousse à mentir. «Quand je rentre tard le soir, je rencontre parfois mon père qui vient d’ailleurs de se lever pour aller travailler. Je fais semblant d’avoir dormi et de m’être réveillé à l’instant... Sinon, c’est un scandale. En dehors de mes sorties en cachette je ne mens jamais à mes parents», dit-il. Ahmed, 19 ans, est technicien. Ses amis disent «qu’il ment comme il respire». Et jusque-là, il n’a jamais été surpris «la main dans le sac». «Humblement, je suis un professionnel du bluff ! Quand mon père m’appelle sur mon portable je prétend toujours être à la maison ou au travail. Je raconte toujours des histoires pour avoir de l’argent : j’ai perdu mon portefeuille, mes chaussures se sont usées, je suis malade et j’ai besoin d’une consultation... Je prétend aussi visiter ma grand-mère à Béja pour pouvoir veiller dehors et cela marche à tous les coups. En fait, je ne fais rien de vraiment méchant. D’ailleurs si j’opte pour le mensonge, c’est juste pour pouvoir avoir ce que je veux», révèle-t-il. Les filles semblent être vraiment obligées de passer à l’acte. Etant donné que les parents sont très attentifs aux filles, ils les «couvent», ce qui les étoufferait et les mène aux mensonges. Hayet, 17 ans, doit respecter des règles très strictes chez elle. Et puisque la jeune fille est «assoiffée» de sorties, elle bluffe. «Je n’ai pas le droit de rentrer après 19h00, or il m’arrive de faire du lèche vitrine ou de parler avec mes amis et j’oublie le temps. De retour, je suis obligée de raconter des bobards : bus en panne, accident, embouteillage... pour pouvoir sortir je prétend avoir des cours supplémentaires... Je gonfle aussi les prix des achats parce que mes parents ne me donnent pas d’argent de poche !», confie-t-elle. Idem pour Wafa, 18 ans, pour pouvoir sortir, la jeune est contrainte de dire n’importe quoi sauf la vérité. «Mes parents n’admettent pas que je puisse avoir des amis de sexe masculin. Et pourtant, ils sont dans la même classe que moi. Quand on programme d’aller au cinéma, mes parents refusent que j’y aille. Je suis donc obligée de leur dire que je sors entre filles pour visiter les magasins. En fait, ce ne sont pas de vrais mensonges parce que je ne fais rien de vraiment mal !», dit-elle. Décidément, chaque jeune a menti ne serait ce qu’une fois. D’autres mentent comme ils respirent. Mais une question se poserait d’elle-même, les parents n’encourageraient-ils pas implicitement ce genre de comportement ?! Abir Chemli OUESLATI


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com