Les jeunes et la musique : N’importe quoi, pourvu qu’il y ait du rythme





Désormais, la musique chez les jeunes se résume à du rythme, oriental ou occidental, et à des clips à gogo. Tunis — Le Quotidien Il n’y a presque pas un jour qui passe sans qu’un chanteur ou une chanteuse n’émerge d’on ne sait où. De la chair à gogo, une variété de couleurs de cheveux et des clips érotiques suffisent pour propulser ces pseudo-artistes. Et les gens continuent de parler de musique. Or ce qui est diffusé ne répond nullement aux normes musicales d’autant plus que les voix qui «racontent» ces paroles bidons n’ont absolument rien dans les cordes. Toutefois, les jeunes semblent bien branchés musique. Ils en consomment partout notamment dans la rue et dans les cafés. Mais la question qui s’impose, qu’est-ce qu’ils écoutent ? Et quelle musique préfèrent-ils ? Asma Béji est très «oriental». C’est ce qu’elle écoute à longueur de journées. Ce qu’elle appelle «oriental», c’est cette bande de nouveaux interprètes qu’on passe dans les différentes chaînes musicales télévisées. «J’écoute Mosaïque et je regarde surtout les clips», dit-elle. La radio et la télé font que Asma qui prépare son bac n’achète plus de cassettes comme d’habitude. «Comme je révise, la radio est la partenaire idéale. Et dès que j’ai du temps libre, je profite de la télévision». Entre-temps, elle consomme ce que ces deux médias diffusent. La seule préférence qu’elle manifeste c’est seulement pour les chansons arabes. Cette future bachelière n’est pas différente de Inès Ben Romdhane. Celle-ci est une incontestable auditrice de Radio Mosaïque. «Auparavant, j’écoutais RTCI. Mais depuis une année, je suis constamment branchée sur le 94.9». Et pour cause : Inès n’a pas de goûts particuliers. Elle écoute sur le tas et apprécie le tout. «J’aime bien varier», dit-elle. Inès qui est étudiante en Sciences de Gestion au Campus, était accompagnée de ses deux camarades Zeïneb et Islem. Les deux sont également partisans de Mosaïque et des clips à la télé. «Je n’ai pas de préférence. J’écoute un peu de tout et c’est mieux à mon avis», estime Zeïneb Aloui. «Même chose» répond Islem Bouraoui. Dans le camp des garçons, c’est la même tendance. A préciser que les jeunes interrogés sont des élèves pour la plupart. En effet, Wissem Louhichi qui prend la voiture de son père de temps en temps, se branche avec ses amis sur la radio. «Dès qu’il y a de la parlotte qui ne nous intéresse pas, je mets un CD». Et le CD, c’est bien sûr de la musique occidentale mixée. «J’achète mes CD dans les magasins de gravure qui s’occupent du mixage. Et je prends également de la musique arabe telle qu’on la passe dans les boîtes». Achraf Maâroufi est un habitué des salons de thé et des cafés. Là-bas, il écoute de la musique mais n’importe laquelle puisque ces commerces ne font pas de sélection. «Je veux surtout écouter du rythme qui me rappelle l’ambiance des discothèques». D’ailleurs, les magasins de gravure ont bien compris le jeu. Ils concoctent à chaque fois des CD et des cassettes de musiques de discothèques et leur accordent les noms de ces dernières. Décidément, écouter de la musique n’obéit plus à des goûts ou des préférences en particulier. Les jeunes consomment plutôt ce qui est diffusé sur Mosaïque et certaines chaînes de télévision spécialisées dans les clips. Les genres musicaux notamment de qualité n’intéressent plus qu’une minorité. Pour le reste c’est de la pure consommation de ce qu’on leur propose. Du bon ou du mauvais, l’essentiel c’est qu’il y ait du rythme... et du bruit. M.K.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com