Le parti du Premier ministre s’en prend à la liste de Sistani : L’Alliance chiite à l’index





Le parti du Premier ministre Iyad Allaoui a porté plainte contre son rival de l'Alliance unifiée irakienne qu'il accuse de faire croire aux électeurs que le chef emblématique des chiites, l'ayatollah Ali Sistani, a ordonné de voter pour elle lors du scrutin du 30 janvier. Le Quotidien-Agences Le chef politique du Mouvement de l'Entente nationale (MEN), Imad Chibib, a accusé l'AUI de violer la loi électorale et a mis en cause certains policiers liés à l'organisation Badr et d'autres groupes politiques de la liste d'intimider les électeurs dans le sud du pays pour les contraindre de voter en faveur des 228 candidats de cette coalition. Hadi al-Amri, chef de l'organisation Badr, a démenti ces accusations et a défendu le droit de l'AUI d'utiliser le nom de Sistani dans sa campagne car le Grand ayatollah a donné sa benediction à cette liste. La Commission électorale indépendante, qui est en charge du vote, a reconnu que des partis violaient la loi avec des publicités à caractère religieux et a indiqué qu'elle étudiait la manière de réagir à ses infractions. En novembre, le président de cette instance indépendante Abdel Hussein al-Hindaoui avait indiqué que tout logo religieux et belliqueux était interdit dans la campagne. Mais dés le début de la campagne, la liste AUI, qui regroupe les deux plus grands partis religieux chiites, le Conseil supérieur de la révolution islamiste en Irak (CSRII) et le parti Dawa, ont placardé des affiches dans les rues avec la photo d'Ali Sistani. Un tract circulant dans des villes chiites affirme que voter pour l'AUI c'est se conformer à la volonté de la "Marjaïya", la plus haute autorité religieuse chiite. * Menaces "Quiconque vote pour une autre liste dilapide son bulletin et réduit le nombre de sièges désiré par la Marjaïya", affirme le tract qui ajoute que c'est un "devoir légal" de voter pour l'AUI. Des centaines de milliers de chiites suivent les avis de l'ayatollah Sistani qui a supervisé la formation de la liste de l'AUI. Mais Chibib et la MEN contestent le fait que ce dignitaire religieux soutienne la liste chiite et demandent qu'il soit interdit d'utiliser son nom dans la campagne. "Si vous utilisez son nom ou sa photo, c'est contre la loi électorale. Ce n'est pas permis. Ce n'est pas correct de mener une campagne basée sur des symboles religieux", a-t-il souligné. Il a accusé Badr et les autres factions de la liste de menacer de mort leurs adversaires. "Ils menacent les gens en leur disant que s'ils ne votent pas pour nous, vous serez tués. Cela se produit partout comme à Bassorah, Nassiriyah, Amara ou Diwaniyah", a ajouté Chibib. Mais le chef de l'organisation Badr, Hadi al-Amri, a démenti de telles accusations. "C'est faux. Nous n'avons jamais demandé à ces gens-là de nous aider car nous savons que les policiers et les soldats n'ont pas le droit d'intervenir. Nous avons des milliers de partisans", a-t-il souligné. Cependant, il a refusé de s'excuser sur l'utilisation de Sistani dans la campagne. "Ce n'est pas répréhensible d'avoir le soutien de la Marjaïya. Elle appelle les sunnites, les chiites, les Arabes et les Kurdes à participer aux élections et veut que les plus qualifiés soient membres du parlement". _____________________ Allaoui soudoie les journalistes Selon le quotidien britannique “Financial Times”, le parti d’Allaoui a donné de l’argent à des journalistes irakiens afin qu’ils mettent en évidence sa campagne électorale. L’enveloppe aura été donnée lors du dernier meeting organisé par le parti à Bagdad et présidé par Hassine Sadr le bras droit du Premier ministre irakien. L’argent, des billets de cent dollars, selon le quotidien londonien, est fourni par l’armée américaine qui a, par ailleurs, mis à la disposition d’Allaoui la chaîne de télévision irako-américaine afin qu’il étale son programme électoral. Une faveur qui n’est pas partagée par tous les autres listes en lice.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com