Les petites îles accusent les pays riches : «Des éco-terroristes»





Les petites îles, menacées par la montée des eaux ont accusé hier à Maurice les pays industrialisés de commettre des actes d'"éco-terrorisme" et les ont appelés, avec le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, à agir contre le changement climatique. Le Quotidien - Agences Le président Anote Tong, chef d'Etat de Kiribati, un atoll du Pacifique de 90.000 habitants à seulement quelques mètres au-dessus du niveau de la mer, a dénoncé les émissions de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement de la planète, lors d'une réunion internationale de l'Onu sur les petites îles en développement, à Port-Louis. "Ces actes délibérés de la part de certains, destinés à sécuriser leurs bénéfices au détriment des autres, peuvent être comparés à des actes de terrorisme, d'éco-terrorisme", a-t-il ajouté. "La communauté internationale doit prendre des mesures immédiates et totales pour réduire les émissions de gaz à effet de serre", a lancé Tong. "Nous devons être prêts à prendre des mesures décisives face au changement climatique", a confirmé Annan lors de la même réunion. * Prendre les mesures décisives "Qui oserait affirmer que ce que nous faisons suffit?", a-t-il demandé, appelant la communauté internationale "à prendre des mesures décisives face au changement climatique". Avec les Maldives, Tuvalu et les îles Marshall, la République de Kiribati fait partie des pays les plus menacés par la montée des eaux liée au réchauffement de la planète. La capitale des Maldives, Male, pourrait disparaître en 2100, selon un scénario des autorités locales. Dans le monde, le niveau moyen de la mer a augmenté de 10 à 20 cm depuis un siècle, soit dix fois plus vite que le taux observé pendant les 3.000 années précédentes, selon l'Onu. Le 16 février prochain marquera l'entrée en vigueur du protocole de Kyoto, qui impose à 38 pays industrialisés de réduire leurs rejets de gaz à effet de serre. Ce texte a été rejeté par les Etats-Unis, l'un des principaux pollueurs dans le monde. Les îles Cook, dans l'océan Pacifique, ont demandé à "toutes les parties de ratifier le protocole de Kyoto". Sans mesures urgentes, "la survie de nos peuples dans les petits Etats insulaires en développement (PEID) sera sérieusement compromise", a prévenu le Premier ministre de Tuvalu, Maatia Toafa. * Protocole de Kyoto La conférence de l'Onu, organisée dans la capitale de Maurice et à laquelle participent quelque 110 pays, étudie les moyens d'aider les PEID confrontés à de nombreux défis, dont le réchauffement de la terre et la libéralisation de l'économie. Dans un document sur la stratégie de développement des PEID, adopté hier à la clôture de la réunion, "les pays qui ont signé le protocole de Kyoto appellent fermement" les autres pays de le faire "dans un temps opportun". Une déclaration jugée "très faible" par des observateurs. Les Etats-Unis avaient estimé mercredi que la réunion de Port-Louis n'était pas le lieu approprié pour prendre des actions dans le domaine climatique.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com