L’Espace Alhambra : Une histoire… une mémoire





L’histoire du théâtre «l’Alhambra» correspond à l’évolution de la vie culturelle et théâtrale du Grand Tunis. Lors d’une conférence de presse tenue avant-hier après-midi au siège de cet espace culturel, Hatem Bourial a dressé un tableau exhaustif des premières salles de théâtre et de cinéma dans le Grand Tunis. «L’Alhambra dans l’histoire du spectacle» tel était le thème de cette rencontre de presse organisée dans le cadre de la célébration du 83ème anniversaire de ce théâtre. L’histoire de l’Alhambra remonte en fait bien au-delà de 83 ans. En effet, ce premier théâtre privé disposant d’une dénomination authentiquement tunisienne créée légalement en 1922, a beaucoup contribué pour la mise en place d’une vie théâtrale. Dès 1842 et avec la fondation du premier théâtre dénommé «Tapia» du côté de la rue Zarkoun, le monde du théâtre et des spectacles commence son essor. En suite, d’autres initiatives de création théâtrales et cinématographiques ont vu successivement le jour et parmi lesquelles, on peut citer la fondation de la salle «La Scalla» sise à l’actuelle rue d’Annaba, puis le théâtre municipal, inauguré en novembre 1902, et «Le Rossini» l’actuel cinéma «Le Palace», créé en mars 1903. La première salle de cinéma a vu le jour en octobre 1908 avec la création de l’Omnia Pathé située à l’angle de la rue Hannon et de la rue Amilcar. Si les années vingt ont connu une véritable effervescence ayant abouti à la fondation entre autres du «Mondial». Il faut rappeler que l’Alhambra, de par sa place pionnière dans la vie culturelle de l’époque a fini par être reconnue légalement en 1922. « Alhambra» comme on la nommait à l’époque, a ainsi ouvert ses portes au 28 rue Jazira en face d’un petit square. Depuis sa fondation ce premier théâtre privé, malgré ses hauts et ses bas, a tenu le coup et su s’imposer comme le premier projet théâtral privé qui a réussi. D’ailleurs, à l’époque, cette salle s’est fait remarquer par son rayonnement. Son propriétaire Saïda Doghri avait réussi à avoir et à projeter en exclusivité le film «Gomo». Autre particularité de cet espace : sa proximité avec la Médina a créé une sorte de symbiose entre l’histoire du mouvement culturel tunisien et les activités culturelles de la ville européenne, située pas loin de cet espace. On y trouvait des groupes littéraires comme «Taht essour». Ce qui est révélateur dans cet espace, c’est qu’il n’a jamais rompu avec son passé de théâtre indépendant et privé. Il a continué à abriter jusqu’à la fin des années 80 et 90 les rendez-vous mensuels des artistes, des poètes et musiciens. Ce lieu de la mémoire culturelle du Grand Tunis connaîtra prochainement quelques innovations. Son balcon sera équipé, tandis qu’un site web dédié à cet espace verra le jour sous peu. Une manière comme une autre de conserver et de redonner vie à cet espace mémoire? Ousmane WAGUE


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com