“Paroles de tatouages” : De belles paroles !





Jusqu’au 25 du mois courant, l’espace Caliga abrite une exposition fort intéressante, titrée: “Paroles de tatouages”, signée Slim Khiari. Dans un simulacre de signes, Slim Khiari visite les arcanes de notre patrimoine, ramasse les bribes éparses d’une mémoire qui éclate. Tel un puzzle, les éléments de la toile s’assemblent et se rassemblent mais ne se ressemblent pas. Car ils sont 24 tableaux différents les uns des autres qui “chuchotent” un “bruit muet” dans “le silence de la toile”. De “L’errance dans le pays des signes” en ressort “une musicalité” qui en dit long sur un état de mûrissement intellectuel et artistique. Celui qui a connu l’expérience de Slim Khiari d’il y a cinq ans, saurait distinguer illico cette évolution dans la gamme colorée et les éléments d’une iconographie qui gagne en mouvements. La rythmique est créée d’un jeu subtil sur la répétition où les formes reproduites rendent à la toile toute sa musicalité. Cela rappelle un tant soit peu l’œuvre de Kandinsky où la liberté qui fonde l’espace crée sa musicalité. Si vous êtes du côté d’El Menzah, n’hésitez pas à vous y rendre. “Paroles de tatouage” vaut la visite. Mona BEN GAMRA _______________________ Slim Khiari : “Je suis contre l’amateurisme dans l’art” * Tout le monde aujourd’hui peut s’improviser artiste-peintre. Qu’en dites-vous? — Je suis contre l’amateurisme dans l’art. Cela je l’inculque à mes élèves de l’Ecole des sciences et techniques du design à Denden. Si on choisit le métier d’artiste il faut souffrir et suer et non pas prendre l’art pour un prestige. On le voit malheureusement souvent ces temps-ci. * Votre approche dans l’art a changé, n’est-ce pas? — Tout à fait. Avant je travaillais sur les camaïeux. C’est-à-dire sur des couleurs de base que j’enrichis avec d’autres complémentaires. Actuellement, je crée la transparence entre le support et les éléments plastiques. Il y a aussi un contraste créé avec les grilles colorées. Pour la technique je fais un mixage entre la gravure et la peinture. * Le choix de la technique n’était-il pas fortuit? — Oui. La gravure est une technique difficile basée sur la création d’images qui durent. Idem pour le tatouage. C’est la raison pour laquelle je l’ai choisir comme technique. La gestation de mon œuvre a duré trois ans. J’ai fait des recherches sur le patrimoine. J’en ai pris les éléments de mon iconographie. Propos recueillis par M.B.G


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com