A quelques jours des élections : L’Irak sombre dans le chaos
A neuf jours des élections, l’Irak sombre dans le chaos. En une seule journée, une trentaine de personnes ont été tuées notamment à Bagdad où une attaque contre une mosquée chiite a fait une quinzaine de morts Le Quotidien-Agences L’attentat contre la mosquée chiite a eu lieu au premier jour de la célébration par les chiites de la fête musulmane de l’Aïd Al-Idha, à la fin de la prière dans une mosquée du quartier de Rissala, dans le sud-ouest de Bagdad, selon un garde Mohammad Mahmoud. “Au moment où les fidèles quittaient la mosquée, une voiture est arrivée à vive allure et a percuté un minibus garé devant l’entrée. Le chauffeur a fait exploser son véhicule”, a-t-il raconté. Selon Mahmoud Mohammad Ali, le bedeau de la mosquée, “la déflagration s’est produite alors que le parti (chiite) Dawa distribuait des bonbons, des gâteaux et des montres aux femmes et enfants qui avaient assisté à la prière, en mémoire de ses militants tués par le régime de Saddam Hussein”. L’attaque a fait 15 morts, selon le chef de la morgue de l’hôpital Yarmouk Nagi Tchachan. En outre, 39 autres Irakiens ont été blessés, selon un responsable du service des admissions de l’établissement. Dans un message diffusé jeudi sur internet, Abou Moussab Al-Zarqaoui, lié au réseau Al-Qaïda, s’en est violemment pris aux chiites, surtout à leur figure emblématique, l’ayatollah Ali Sistani. “La bataille de Falloujah a levé le voile sur les laideurs des +Rafidha+ (appellation péjorative des chiites) damnés, qui ont brillé par leur haine (contre les sunnites)”, disait ce message de l’homme le plus recherché en Irak. “Ils ont participé à la campagne militaire contre Falloujah (en novembre , avec la bénédiction de l’imam de l’infidélité et de l’apostasie, Sistani”, ajoute-t-il. L’armée irakienne a trouvé 65 roquettes katioucha prêtes à exploser dans un terrain désertique au sud-ouest de la ville sainte chiite de Kerbala, selon un officier de police qui a requis l’anoymat. Il pense que ces roquettes devaient exploser le jour des élections le 30 janvier. * Attaques ciblées Par ailleurs, six soldats irakiens ont été tués et 12 personnes blessées dans différentes attaques hier matin au nord de Bagdad, selon l’armée et la police irakiennes. Un soldat américain et un suspect ont en outre été tués, alors qu’un autre soldat a été blessé, lors d’une opération près de Dhoulouiya, au nord de Bagdad. “Les soldats menaient un raid pour tuer ou capturer les membres d’une cellule qui fabriquait des bombes artisanales”, indique un communiqué militaire. Le raid a mené à l’arrestation de 12 personnes, dont quatre suspects recherchés. L’un des suspects a été tué durant l’opération. Dans la foulée, un militaire italien a été tué hier lors d’une patrouille en hélicoptère à Nassiriyah, où se trouve déployé le contingent italien en Irak. L’hélicoptère a essuyé des coups de feu et le militaire a été mortellement blessé par un des projectiles tirés depuis le sol contre l’appareil. Par ailleurs, trois entrepreneurs irakiens ont été tués à Makhloul, au nord de Bagdad, selon le lieutenant-colonel de police Hassan Salah. Enfin, l’armée britannique a publié hier un nouveau bilan de l’attaque à la voiture piégée perpétrée la veille devant une de ces bases près de Bassorah, indiquant que l’explosion avait tué un Irakien et blessé beuf soldats britanniques. Dans ce contexte, le premier ministre Allaoui a reconnu hier que le plan de sécurité mis en place en prévision des élections était insuffisant face aux attaques de la Résistance. «Nous ne pouvons pas dire sans ciller qu’il n’y aura pas d’attaques » a avoué Allaoui.

