Dossier/ Image de la Tunisie via le Cinéma: Réussir le gros plan





Aux dires d’André Malraux «Le moyen de reproduction du cinéma, c’est la photo qui bouge, mais son moyen d’expression, c’est la succession des plans». Cette définition conférée au Septième Art par l’écrivain français se double, de nos jours, de nombreuses missions telles, entre autres, véhiculer l’image d’un pays grâce à des scénarios bien ficelés dans des productions cinématographiques crédibles, et ce, afin de restituer les réalités de ce pays. L’industrie cinématographique nationale assume cette tâche. Mais l’évolution du cinéma à l’échelle internationale et les exigences du public, tant au niveau national que régional, lui imposent d’autres défis. Entre autres, les réponses aux attentes méditerranéennes et, notamment, européennes, pour un éventuel rayonnement sur le Vieux Continent. Véhiculer une bonne image de la Tunisie constitue la mission qui interpelle aujourd’hui le cinéma tunisien. Il s’agit de mobiliser et de fidéliser le public et de renforcer la qualité de la production pour lui donner une chance de conquérir la scène alentour qui est l’une des principales destinations du film tunisien et, également, une des sources de financement de l’industrie cinématographique nationale. La tâche est, certes, difficile mais pas impossible. Cependant, l’interrogation principale à l’ordre du jour est la suivante: Comment l’industrie cinématographique nationale peut-elle contribuer à la promotion de l’image de la Tunisie sur le Continent européen afin qu’elle conquière une place respectable et un public fidèle? A cette question tentent de répondre cinéastes, réalisateurs et producteurs du secteur audiovisuel. Dossier réalisé par Ousmane Wagué ______________ * Leurs Impressions Claude Eric Poiroux(Directeur Général d’Europa Cinéma): «Une affaire de reconnaissance» «Promouvoir l’image d’un pays à travers l’industrie audiovisuelle, et en particulier le cinéma, est une mission qui interpelle tous les acteurs du secteur. Pour atteindre cet objectif; c’est-à-dire aider les producteurs tunisiens à promouvoir l’image de leurs pays. Nous œuvrerons à ce que la production cinématographique tunisienne soit largement diffusée en France et en Europe. Hélas, jusque-là, on remarque que les films ne circulent pas entre les pays. Afin que l’image de la Tunisie soit donc véhiculée davantage vers le Vieux Continent, il faut que les instances tunisiennes et européennes de production s’attachent à faire circuler leur production entre elles et vers d’autres pays, d’une part, et à œuvrer, d’autre part, à ce que ces films aient une reconnaissance nationale, régionale et internationale. De ce fait, je propose à cet effet que les réalisateurs tunisiens accentuent leur participation à de grandes manifestations comme le Festival de Cannes. Il faut également que les productions cinématographiques puissent intéresser et drainer le grand public. La multiplication des salles de cinéma est aussi un facteur qui encourage cette initiative. La France est un pays qui facilite cette initiative. Nous avons eu l’occasion de suivre des films tunisiens acceptables qui diffusent l’image de la Tunisie dans ses multiples facettes, mais qui peuvent davantage progresser et faire découvrir d’autres réalités de ce pays, riche en potentialités. l’image de la Tunisie, en fin de compte, ce sont des films qui la propagent contrairement, aux médias qui ne diffusent que des informations instantanées». * Mohamed Zran (Cinéaste): «S’adapter à la mondialisation de la production» «Véhiculer l’image de la Tunisie; c’est réaliser des films qui sont en rapport avec la vie et le vécu du Tunisien et les changements socio-économiques, auxquels il fait face. Il faut, en effet, aussi que les films produits osent transgresser les tabous, les valeurs et les règles figées de la société et aller plus loin dans la description des événements. Cette façon de réaliser des films donne de nouveaux horizons à la production cinématographique nationale qui peut être non seulement prisée en Europe, mais dans le monde entier. L’Europe est un partenaire privilégie qui offre un champ propice à nos productions pour la diffusion de l’image de la Tunisie. Il y a des accords à tous les niveaux autorisant notamment, la libre circulation des productions audiovisuelles et de propriété intellectuelle. A ce niveau, l’Europe constitue pour nous un grand marché où notre industrie cinématographique peut trouver un nouveau créneau et de nouveaux marchés porteurs. La Tunisie est un pays ouvert et le monde est devenu un village planétaire qui nous impose la nécessité de l’internationalisation de notre production cinématographique. De ce fait, cette mondialisation de la production implique un nouveau système. Sinon, nous risquons d’être dépassés par le temps». * Ahmed Attia (Producteur): «Crédibilité» «Le seul moyen de promotion l’image de la Tunisie, c’est de réaliser une production audiovisuelle crédible et novatrice. Il faut que les cinéastes tâchent de mettre en scène les histoires telles qu’elles se sont déroulées, à savoir dire la vérité sur les choses. A défaut de cette initiative, notre cinéma continuera de perdre son public et ne réussira pas, non plus, à véhiculer l’image et l’identité de la Tunisie aussi bien en Europe qu’à l’étranger d’une manière générale. La Tunisie est très proche de l’Europe et le cinéma ne peut que nous rapprocher de ce continent. De ce fait, il peut servir de passerelle pour véhiculer, à tous les niveaux, l’image de notre pays et faire décrypter son image en tant que pays qui réussit sa marche vers le développement». * Nawfel Saheb Ettabaâ (Réalisateur): «Pour une production de haute qualité» «A mon avis, pour que le cinéma tunisien véhicule l’image de la Tunisie, il faut qu’il axe sa production sur l’être humain, en Tunisie ou ailleurs. En présentant de bons films avec de bons scénarios et, surtout, avec une bonne maîtrise technique, on réussira ainsi à plaire, d’abord par la qualité de la production pour, ensuite, drainer le public. Hélas, de bons acteurs nous manquent, ce qui, jusque-là, freine l’évolution de notre cinéma et notre production audiovisuelle en général. De ce fait, il faut créer, encourager les jeunes acteurs et, surtout, aménager un terrain propice pour une production audiovisuelle de haute qualité qui véhicule l’image de marque de la Tunisie».


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com