Patrimoine/ L’histoire en chiffons





Ils ont préféré faire revivre le patrimoine et aller sur les traces de nos ancêtres. Plusieurs de nos stylistes-modélistes ont choisi de parler chiffons et de nous écrire l’histoire à leurs manières. Des deux sexes et des différentes régions de la Tunisie sont nos stylistes-modélistes. Ce sont des artistes dans le vrai sens du terme car c’est à partir de ces tissus traditionnels que les gens considèrent comme désuets qu’ils donnent naissance à des chefs-d’œuvre. Les mains fines, les doigts habiles et le cœur attaché à un patrimoine riche en couleur et chaud en sensations, les stylistes-modélistes ont puisé dans l’héritage vestimentaire tunisien pour nous offrir des parures aux senteurs de l’histoire. Source d’inspiration inépuisable, la majorité de nos modélistes ont choisi de se réconcilier avec ces habits qui font notre mémoire collective et qui créent aussi l’événement. Chaque année, le concours de la «Khomsa d’or» qu’organise l’Office Nationale de l’Artisanat draine les stylistes-modélistes venant de toute la Tunisie pour prendre part aux deux volets du concours : costumes de la ville et costumes de la cérémonie, deux axes autour desquels gravitent tous les modèles. Chacun, selon sa propre vision du patrimoine, essaye de signer son histoire d’amour avec ce riche héritage vestimentaire. * Plus que des couturières ! A chaque session du concours, le public découvre de nouvelles façons d’adapter ce patrimoine vestimentaire qui est, malheureusement, en voie de disparition. Noura Rokbani a fouillé dans l’héritage de cette ville et dans ces costumes traditionnels portés au quotidien et lors des cérémonies de mariage. Zakia Jabri, styliste-modéliste de Béjà, a fouillé dans le patrimoine de cette ville connue pour le grand savoir-faire de ces artisans et s’est inspiré de ces motifs et de ces tissus traditionnels authentiquement béjaois... Femmes et hommes sont allés au-delà de la reproduction des modèles et de la confection ordinaire. Mme Manoubia Barkaoui, styliste-modéliste de Tataouine, et lauréate du 2ème prix au concours «Khomsa d’or», a été catégorique : «Nous ne sommes pas des couturiers ordinaires, nous sommes des artistes et chacun de nous cherche à innover et à présenter un habit qui allie la tradition à la modernité, tout en restant fidèle à cet héritage. Pour le costume que j’ai proposé lors du concours de Khomsa d’or, j’ai essayé de faire revivre un genre spécifique de tissu traditionnel dit «Al Kammouni». J’ai essayé de présenter un modèle qui traduit cette richesse patrimoniale. C’est grâce à ma fille enseignante de beaux-arts au lycée que ce modèle a été mis noir sur blanc puis c’est moi qui ai continué la confection et choisi la broderie. C’est un dialogue de générations, un dialogue entre le passé et le présent que je cherche à instaurer et à consolider». En attendant la «Khomsa d’or 2004», nous espérons que les défilés de ce genre de costumes se multiplient pour que ce travail ne soit pas occasionnel. Imen ABDERRAHMANI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com