Michèle Kaffel/ Lumières tunisiennes





Michèle Kaffel est originaire de Grenoble. Elle est donc Française, mais aussi «Tunisienne de cœur, voire Tunisienne tout court», comme elle aime se présenter. Ses toiles, exposées du 4 au 20 mai à la Galerie d’Art Essaâdi, à Carthage, traduisent son attachement à son pays d’adoption. D’une facture réaliste, voire hyperréaliste, les paysages et portraits de Michèle Kaffel sont réalisés avec un très grand souci du détail. Ici, les formes, les reliefs, les ombres et les lumières sont travaillés avec une précision d’orfèvre. De la plage d’El Haouaria aux dunes du Sahara, en passant par les demeures de Sidi Bou Saïd, les potiers de Guellala ou les scènes de souk, peints avec une grande tendresse, la palette du peintre franco-tunisienne flamboie au gré des heures du jour et des saisons. L’artiste-peintre, ici, ne se contente pas de copier le réel, de le reproduire ou de le transfigurer, il se fait aussi un observateur attentif des traditions populaires, un contenu voire un ethnologue. Le regard que Michèle Kaffel pose sur les hommes et les paysages est moins distant, moins froidement scrutateur. C’est un regard attentionné, complice, et donc forcément subjectif. Bref, c’est un regard artiste. Ou mieux: un regard amoureux. Michèle Kaffel étonne par sa maîtrise technique. Dans ses toiles, le destin est presque parfait, ainsi que la perspective, les contrastes de la lumière, l’harmonie des couleurs. Elle n’a pourtant pas fait les Beaux-Arts. Peintre autodidacte, elle a appris le dessin en suivant des cours par correspondance, dispensés par l’école ABC de Paris. Installée à Tunis depuis une quinzaine d’années -où elle a accompagné son mari tunisien-, elle a suivi le cours du peintre Marcello De Laspina au Centre culturel italien Dante Alleghieri et celui du peintre franco-belge Di Maccio qui a réalisé les fresques de l'Acropolium de Carthage. On ne peut pas dire qu’elle a perdu son temps. Au contraire, elle a beaucoup appris auprès de ces deux grands maîtres de la peinture, et elle a un grand souci de transparence et de luminosité. Résultat: ses toiles, souvent peintes à partir de photographies, sont enveloppées par une lumière à la fois amicale et mystérieuse. Zohra Abid


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com