Jeunes et parents divorcés/ Papa, maman, je vous en veux!





A voir leurs visages l’on détecte une grande vague de tristesse. Dans leurs yeux, un profond regard mélancolique. Sur leurs cœurs, un poids qui pèse vraiment lourd… Indépendamment de leurs âges, les enfants du divorce vivent très mal la déchirure familiale… Témoignages. Tunis—Le Quotidien Ils se marient pour le meilleur et pour le pire. Ils se promettent l’entente et la sérénité. Les choses peuvent, parfois, déraper et le divorce devient la seule issue à leur mésentente. Cette séparation ne semble pas être facile à gérer surtout quand le couple a des enfants. Issus d’un mariage, les enfants auront du mal à accepter cet épisode douloureux de leur famille. Certains parents optent pour la séparation de corps et cohabitent sous le même toit, croyant ainsi agir pour le bien de leurs enfants. Or, il arrive que ces enfants culpabilisent à ce sujet. W.A, un élève de 20 ans en classe terminale, vit depuis treize ans une déchirure entre ses deux parents: «Mon père est plus âgé que ma mère. Après sept ans de mariage, ils ont compris qu’ils faisaient fausse route. Ma mère a refusé le divorce. Elle avait peur pour moi et pour ma sœur. Ils vivent aujourd'hui sous le même toit, mais ils s’adressent à peine la parole. Le seul sujet dont ils parlent, c’est moi et ma sœur et cela finit toujours en désastre…», confie-t-il. W.A culpabilise pour sa mère qui a tout sacrifié pour lui. Séparée de son mari à 27 ans, la maman s’est entièrement consacrée à son rôle de mère cependant que son «mari» continue à vivre sa vie. Cette situation pèse lourdement sur le jeune homme: «Je me sens coupable. Je sais que ma mère souffre beaucoup, pourtant c’est une brave personne. Elle a accepté cette situation pour nous et cela me fait souffrir à mon tour. Même quand ils étaient réellement ensemble, leur vie ressemblait à un calvaire: disputes, mots agressifs, larmes et tristesses… J’aurais préféré qu’ils franchissent le pas du divorce quand j’étais enfant…», conclut-il. Critique est cette situation! Le jeune homme en veut aujourd’hui à son père. Il s’est d’ailleurs juré qu’une fois marié, il ne pensera jamais au divorce… Aujourd’hui, W.A fait tout pour faire oublier à sa mère ce qu’elle endure, il partage ses soirées avec elle, lui consacre une bonne partie de son temps, de son cœur et de son temps pour alléger ses peines… D’autres peuvent avoir beaucoup moins de chance. Une fois les parents divorcés, l’enfant se sent rejeté et sans aucun repère. Raoudha, 19 ans, élève en terminale, vit depuis des années dans une sorte de «condamnation»: «Divorcés depuis dix ans, mes parents ont aujourd’hui tiré un trait sur le passé… Or, moi je fais partie de ce passé-là! J’ai toujours vécu avec ma mère. Mon père, lui, s’est très vite remarié… J’arrivais à gérer cette situation avec plus ou moins de difficulté jusqu’au jour où ma mère a décidé aussi de se remarier…», confie la jeune fille. Raoudha a souffert d’instabilité. Ses parents ont divorcé à cause d’une différence de niveaux. Issue d’un milieu aisé, la maman voulait garder son niveau de vie. Après le divorce, elle a vécu avec sa fille dans un quartier huppé. Aujourd’hui, elle est dans l’obligation de vivre avec son père et sa belle-mère… «Elle m’a exclue de chez elle pour avoir la «voie libre»! Après s’être habituée à sa présence, après avoir eu tellement d’amis. Je dois aujourd’hui tout effacer et repartir à zéro, et ce n’est pas du tout évident», ajoute-t-elle. Le comble, c’est qu’une fois séparés, chacun des deux parents aimerait effacer de sa mémoire cet échec. Or, les enfants rappellent ce premier mariage: «Je me sens rejetée, voire haïe. Quand je vois mon père, il me reproche mes tendances «aristocrates», il me dit «Qu’est-ce que tu ressembles à ta mère! C’est tout ce qu’elle t’a appris!». Quand je vois ma mère, elle m’accuse de goujaterie et d’indélicatesse et elle me dit que je tiens cela de mon père». Raoudha sent qu’elle n’a pas de chez soi. Chez son père, c’est sa femme qui gère. Chez sa mère, c’est aussi la maison de son beau-père. Résultat: un sentiment d’insécurité totale. Nombreux sont ceux qui vivent comme Raoudha et comme W.A. Nombreux sont ceux qui errent toute la journée sans destination fixe et sans repères. Une bonne partie de notre jeunesse vit la déchirure du divorce… Bon nombre d’entre eux arrivent à la dépression, à la violence, à le délinquance… Abir chemli oueslati ________________ Croyez-vous qu’il est préférable pour des parents qui ne s’entendent plus de divorcer ou plutôt de ne pas franchir le pas pour le «bien» de leurs enfants. Le débat est ouvert. Nous attendons vos interventions par fax: 71 253.024, par mail: abirco201@yahoo.fr ou sur papier libre à l’adresse suivante: «Jeunes au quotidien», Dar Anwar, 25 avenue Jean Jaurès-1000, Tunis.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com