Jeunes au volant/ Des accidents… à grande vitesse





Etre au volant à 18 ans est désormais à la portée de nos jeunes. Les chiffres des accidents mortels déclenchent toutefois la polémique quant au bien fondé d’une telle décision. Tunis - Le Quotidien Dans le cadre de la rencontre mensuelle organisée par l’Observatoire national de la jeunesse ,«Le jeudi d’information», diverses interventions portant sur l’implication des jeunes dans les accidents de la route ont été présentées par les représentants des organismes concernés, notamment l’Association tunisienne de la prévention routière (ATPR) et l’Observatoire nationale de la circulation. En exposant les statistiques relatives aux accidents de la route qui ont eu lieu durant l’année 2003, il s’est avéré que les jeunes appartenant à la tranche d’âge située entre 15 et 29 ans représentent 33% des victimes. Ce chiffre atteint 40% pour les accidents mortels enregistrés entre 1998 et 2002 toujours concernant les jeunes de la même tranche d’âge. La Tunisie qui a enregistré 11544 accidents en 2003 causant la mort de 1656 individus soit 4 tués par jour, est classée parmi les pays à grand taux de mortalité due aux accidents de la circulation. A ce titre, pour 1 million de véhicules circulant en Tunisie, on compte 1500 tués chaque année. Sur la base du même nombre de voitures, la moyenne européenne n’est que de 248 tués. Le permis à 18 ans : la polémique M. Morched Belhareth, membre du Conseil exécutif de l’ATPR, a montré lors de son intervention que les statistiques font état d’un phénomène très grave. Il a fait savoir dans ce sens que trois (3) tués et seize (16) blessés âgés de 15 à 29 ans figurent quotidiennement dans le bilan des victimes de la circulation. S’agissant du nombre de véhicules composant le parc automobile en Tunisie, on compte aujourd’hui plus de 1 million de véhicules toutes catégories confondues. Le nombre de permis de conduire délivrés jusque-là est estimé quant à lui à 1,7 million de permis. L’âge autorisé pour acquérir ce permis qui était fixé à 20 ans a été porté, rappelons-le, à 18 ans depuis 2000; une mesure entrée en vigueur depuis 2001. Cette décision de faire baisser l’âge de la candidature au permis de conduire, alors que le pays enregistre des chiffres très élevés d’accidents de la circulation, «n’a pas eu d’effet d’après la statistique disponible», a commenté le colonel Hichem Khiari de l’Observatoire national de la circulation. Et d’ajouter que «le permis à 18 ans aura des conséquences positives contrairement à ce que pensaient beaucoup de gens, dans la mesure où il permet de faire régresser le nombre de jeunes qui se permettent de prendre le volant tout en ignorant le code de la route». Au-delà de cette raison préventive, le permis à 18 ans «répond aussi à des exigences d’ordre économique». «La procédure permettait de rajeunir la population des conducteurs laquelle avec une bonne stratégie d’encadrement et de sensibilisation, va permettre de reduire le taux des accidents», explique le colonel Khiari en précisant que les réformes engagées dans le domaine de la formation auprès des auto-écoles s’inscrit dans cette perspective. Hassen Ghédiri


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com