Elèves – enseignants/ Je t’aime, moi non plus !





Les enseignants occupaient naguère une place spéciale. Certains élèves les mettent sur un piédestal. A présent, les choses semblent être différentes. Certes, quelques relations élèves-enseignants sont aussi réussies qu’autrefois, mais d’autres semblent battre de l’aile. «Lève-toi devant l’instituteur, il a failli être un prophète», dit Ahmed Chawki. Certes, le poète est redevable aux éducateurs puisque c’est à eux que l’on doit quasiment toutes nos connaissances... Mais si, à présent, certains d’entre, eux n’arrivent pas à s’imposer, les élèves peuvent-ils pour autant, les vénérer comme avant ? Fatma et Hassan, deux étudiants en architecture se souviennent de leurs difficultés avant d’avoir eu leur bac. Les deux étudiants ont longuement souffert de la désinvolture de certains de leurs professeurs... «J’aurais aimé garder de très bonnes relations avec mes professeurs. Malheureusement, je me souviens spécialement de mon professeur de physique qui n’expliquait jamais le cours. Or c’est une matière de base pour un élève en bac maths», dit Fatma. Pour sa part, Hassan explique, justement, pourquoi ce professeur avait «du mal» à expliquer convenablement son cours : «Une bonne partie de nos collègues suivaient des cours particuliers. C’est lui-même qui donnait ces cours. Fatma et moi étions dans le même lycée et c’était notre professeur commun. C’est en principe interdit par la loi. Mais l’intéressé continuait à donner des cours «privés». Il n’y avait donc pas de raisons pour qu’il s’échine dans des explications en classe !!!», dit Hassan. Si le cours était donné convenablement, l’on aurait pensé que les élèves avaient peut être un quotient intellectuel assez moyen. Or, c’est essentiellement au professeur que revient la responsabilité de ces «trous» de compréhension : «Ils bavardent trop, parlent parfois de leur vie privée, sautent sur les premières occasions pour rire... Le sérieux est rarement de mise et je pense que c’est exprès pour nous pousser à ces maudits cours particuliers», conclut Fatma. * Le revers de la médaille : T’es pas à mon goût ! Imène Chikh, 19 ans, élève en 6ème année, a grosso-modo de très bonnes relations avec ses professeurs. Assidue, sérieuse et appliquée, Imène est généralement appréciée par ses professeurs à l’exception d’un seul d’entre-eux... «Sans raison valable, l’un de mes professeurs a l’air de ne pas me supporter. Décidément, je ne suis pas à son goût ! D’ailleurs tous mes camarades l’ont remarqué. Ces heures sont pour moi un calvaire... Je suis mise à l’écart et il ne m’accorde jamais la parole et, par dessus tout, j’ai droit à des regards «quasi méprisants»... Par contre, tous mes autres professeurs m’aiment bien. Ils sont nos parents spirituels. Loin de nos parents, ils prennent la relève pour être à leur tour nos tuteurs», dit Imène. Pour Sarra, 17 ans, c’est aux deux parties de savoir se faire respecter. Sarra sait que ce qui la lie à ses enseignants est un cadre bien déterminé : «le savoir». «Certains de mes collègues se mettent à agacer les professeurs. Je suis contre ce genre d’attitude. Mais force est de dire qu’un enseignant qui se respecte, qui remplit ses devoirs d’enseignant et qui respecte ses élèves n’aura jamais des problèmes avec eux. Ce que je trouve d’aberrant, c’est qu’ils nous dispensent leur savoir selon leur humeur. Résultat : les élèves n’arrivent pas à s’intéresser à leurs cours, et c’est malheureux», confie Sarra. * Durs, durs sont nos profs Trop, c’est trop... Parfois, les professeurs sont trop sérieux et trop sévères au point d’inhiber les élèves. Aymen, 19 ans, bac, se souvient des causes de son retard, au fil de ses années d’études secondaires. «Il y a un genre d'éducateurs trop sévères au point de provoquer des blocages. L’on a tellement peur de répondre faux qu’on finit par être désarçonné. D’autre part, ils nous accablent de devoirs, et la seule solution pour nous reste celle de s’absenter quand on n’est pas à jour. On récolte alors des notes catastrophiques et des mots pour le moins blessants», dit Aymen. Quant à Mehrez, 18 ans, il reproche à ses professeurs leurs sautes d’humeur. «Nous comprenons qu’ils peuvent avoir des problèmes personnels, mais que cela se répercute sur leurs relations avec nous, cela ne se fait pas !», dit-il. Mehrez souhaite que les enseignants agissent équitablement : «Parfois, l’on ne comprend pas pourquoi il y a du favoritisme en classe. On n’agit pas avec X et Y de la même façon. Dieu seul sait pourquoi ! Et l’administration nous condamne à tous les coups. Certes, on est parfois fautifs, mais les enseignants peuvent aussi se tromper puisqu’ils sont des êtres humains», conclut-il. Est-il donc souhaitable pour un professeur de travailler dans une ambiance 100% sérieuse ou dans une ambiance à mi-chemin entre le sérieux et l’allégresse pour allier l’utile à l’agréable ? Abir Chemli Oueslati


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com