Les jeunes et les carrières professionnelles/ Le gain rapide, nouveau créneau ?





Réussir une carrière professionnelle brillante ne semble pas tenir aux études, ni aux recettes habituelles de réussite. De nombreux Tunisiens avouent leur attachement aux “occasions de rêve” et aux opportunités du gain facile, qui font de l’ombre aux critères classiques menant vers le succès. Tunis - Le Quotidien De plus en plus de Tunisiens sont portés pour le gain rapide et des occasions qui leur ouvrent la porte à un éventuel enrichissement. C’est ainsi que de nombreux jeux de hasard comme la Loterie, le Promosport, le Tiercé et autres émissions télévisées de compétitions font l’objet d’un engouement de plus en plus grandissant auprès de bon nombre de nos concitoyens et particulièrement les jeunes. Pourtant, un nombre aussi élevé de citoyens reste attaché au chemin habituel de la recherche du profit qui consiste à parcourir le cycle normal des études pour ensuite occuper un poste d’emploi et suivre une carrière qui mène vers une situation évolutive. * Faire fortune... facilement Faisant partie de la première catégorie de gens, le jeune Karim Souissi admet que “le gain facile est un désir partagé par de nombreux jeunes qui passent le plus clair de leur temps à rêver de l’occasion-miracle qui leur permette de faire fortune”. Karim possède déjà une source de revenu susceptible de l’aider à réaliser ses ambitions, mais le désir de gagner un jour la cagnotte du “Promosport”, continue à le hanter: “Etre commerçant c’est bon pour vivre sans avoir besoin des autres, mais cela ne suffit pas pour concrétiser les plus fous rêves”, confie-t-il. Plus raisonnable mais moins chanceux que Karim, Mohamed Ben Youssef, la trentaine attend toujours son premier emploi. Notre interlocuteur est plutôt du genre à avoir les pieds sur terre que: “Il faut toujours être réaliste quand il s’agit d’ambitions”, dit-il. Et d’ajouter: “Accéder à un avenir radieux passe inévitablement par le chemin qu’on trace et qu’on pourrait parcourir avec les moyens dont on dispose”. Le réalisme de cet interlocuteur qui ne reflète pas pour autant son état de chômeur découle en fait de sa conscience profonde que “chacun détient son propre sort entre ses mains”, dit-il, et de signaler que “les miracles n’existent pas”. * Pression du temps et des médias Ce raisonnement modéré n’est pas toutefois la caractéristique de la majorité des jeunes qui se sentent de plus en plus pressés par le temps. A 19 ans, Ahmed Kanzali poursuit ses études universitaires tout en rêvant d’une carrière à l’étranger. “Trouver un emploi après les études n’est plus une chose simple même si on est titulaire d’un curriculum vitae à rallonge”, affirme-t-il. Et de noter que “les besoins qu’ont fait naître les changements profonds de la société n’ont pas été accompagnés par une évolution au niveau des moyens permettant leur concrétisation”. Ahmed n’hésite pas, dans ce sens, à mettre en cause le rôle des médias qui ont modifié la manière avec laquelle les jeunes perçoivent leur environnement et qui ont déformé l’ordre des priorités. Les “psy” ont justement leur mot à dire sur ce sujet: “Cette situation provoque une sorte de rupture avec la sagesse et la patience à telle enseigne que l’individu,notamment le jeune, se sent incapable de suivre le rythme du temps, ce qui le pousse à trouver dans les rêves irréalistes un refuge et à essayer quand même de les concrétiser”, explique le docteur Imed Regaïeg, psychiatre. Le spécialiste ajoute que “les jeunes sont exposés à des discours médiatiques qui idéalisent le gain facile à travers les compétitions et les concours et leur balisent le chemin du rêve gratuit et bon marché”. Les médias ont ainsi un rôle très important pour sensibiliser les jeunes, conclut le psychiatre. Hassen GHEDIRI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com