Un réel problème de santé/ 425 mille Tunisiens sont diabétiques





Le diabète, cette maladie de la société moderne, gagne de plus en plus de terrain en Tunisie. Les mutations économiques mais, également, le vieillissement de la population font désormais exploser cette pathologie qui touche de plus en plus nos concitoyens. Tunis - Le Quotidien Le nombre de cas de diabète à travers le monde devrait exploser d’ici 2030 pour atteindre plus de 370 millions de diabétiques, soit une augmentation de 110% par rapport au nombre de patients recensés en 2000. Ces prévisions communiquées tout récemment par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) montrent, par ailleurs, que les pays en développement devraient compter, à la même date, près de 284 millions de diabétiques. Cette explosion est due, en fait, aux changements profonds des modes de vie dans le monde entier, qui réduisent de plus en plus l’activité physique des individus et donnent place à des habitudes nutritionnelles favorisant l’émergence et le développement de certaines pathologies. La Tunisie, qui connaît des mutations démographiques et économiques considérables, enregistre une croissance de certaines maladies non transmissibles qui commencent à poser, comme partout ailleurs, un réel problème de santé publique. Parallèlement au développement des maladies cardio-vasculaires, la rétinopathie et l’insuffisance rénale, le diabète touche déjà un nombre de plus en plus croissant de Tunisiens. D’après les statistiques du ministère de la Santé publique, cette maladie, caractérisée par les troubles de l’assimilation des glucides causant une dépendance à l’insuline, touche déjà près de 10% des Tunisiens adultes (30 ans et plus), soit près de 400.000 diabétiques. Par ailleurs, les diabétiques insulino-dépendants, qui ont moins de 20 ans, sont estimés à 25.000. Ce qui ramène le nombre de diabétiques en Tunisie à 425 mille. * Sucre, graisse et vieillissement Les diabétologues estiment qu’il n’est pas surprenant de constater une aggravation de la situation concernant des maladies comme le diabète quand on observe le développement des facteurs favorisant leur expansion. Outre l’alimentation qui est de plus en plus riche en sucre et graisse, ce qui conduit souvent à une prise de poids jusqu’à l'obésité et un accroissement du risque de diabète, les diabétologues mettent, également, en cause le phénomène du vieillissement de la population qui marque de plus en plus la pyramide démographique de la population en Tunisie. S’agissant des charges sanitaires, économiques et même sociales, les diabétiques de par le monde représentent une charge de morbidité considérable. D’après les chiffres de l’OMS, les soins de santé liés à la maladie peuvent représenter jusqu’à 15% du budget annuel des soins de santé dans les pays en développement. Au moins un décès sur 20 dans le monde est, en fait, imputable au diabète. Les études et les recherches effectuées en Tunisie révèlent, par ailleurs, que plusieurs maladies telles que les “cardiopathies ischémiques”, l’ “accident vasculaire cérébral” et l’ “artérite des membres inférieurs” se développent encore plus chez les diabétiques et manifestent plus de risques comme le cas de l’“Infarctus du myocarde qui cause le décès de 30% des diabétiques en Tunisie. Les statistiques du ministère de la Santé publique faisant état de la gravité de cette maladie dénombrent d’autres insuffisances pathologiques liées au diabète, comme la rétinopathie diabétique causant la perte de vue de 12% des adultes diabétiques. Le diabète est aussi à l’origine de l’amputation du membre inférieur chez 10% des diabétiques atteints au niveau de ce membre. * Programme de lutte contre le diabète Pour lutter contre cette épidémie, le ministère de la Santé publique a mis en œuvre depuis 1993 un programme national de prise en charge des diabétiques visant la promotion du dépistage précoce et la sensibilisation des personnes concernées par cette maladie quant aux meilleures méthodes de prévention. La prévention et la prise en charge qui sont deux actions complémentaires doivent être, en effet, combinées avec l’adoption des habitudes alimentaires saines. Les diabétologues préconisent, à cet effet, d’éviter les causes du diabète et multiplier l’activité physique. De même, il serait très utile d’encourager les diabétiques à se prendre eux-mêmes en charge et d’emmener les professionnels de la santé publique à lutter activement contre les facteurs de risque et réorganiser les services de santé pour traiter les affections chroniques”, révèlent les spécialistes de l’OMS. Hassen GHEDIRI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com