Amel Bouslama – Jean Chazy/ Le «je» et son double





En résidence à Dar Sébastien qui n’est autre que le Centre Culturel International de Hammamet, les deux artistes ont donné naissance à des œuvres qui défient… le destin. Il fait de la sculpture et des décorations artistiques. Elle, elle a choisi la photographie pour explorer le monde et pour communiquer avec l’autre. Et c’est au Centre Culturel International de Hammamet que cette rencontre entre leurs deux mondes a eu lieu. «Du Concept et de l’Affect, Pérennité et Fragilité» est le thème de cette exposition qui s’est libérée des cimaises des galeries et des méthodes ordinaires de présentation des œuvres. C’est l’espace dans sa totalité et dans son ouverture qui accueille ce nouveau projet, basé essentiellement sur le paradoxe. Un mariage entre le végétal et le métal, l’éphémère et le durable, le fini et l’infini, le plein et le vide… que proposent les deux artistes Amel Bouslama et Jean Chazy. Chacun d’eux a essayé de faire parler la matière à sa manière, en créant son propre langage artistique et esthétique. Amel Bouslama, avec «sa poupée qui a résisté à l’éléphant», est sortie de sa chrysalide et de son enfermement; Jean Chazy a choisi pour sa part de puiser dans le langage structural à travers ses installations en fer à béton. Résultat de cette expérience plastique vécue à deux et peu ordinaire: trois installations et une performance exposées à Dar Sébastien. Cette «poupée qui a résisté à l’éléphant», et l’éléphant dans la conception philosophique de Amel Bouslama, cela constitue le symbole de la pesanteur des traditions, la complexité des normes sociales et la tyrannie de l’interdit. Cette artiste, à l’aide de son compagnon, a mis en évidence la condition vulnérable de l’homme et sa relation avec son entourage. Photographiée dans de nombreuses et diverses situations qui retracent le cercle de la vie, la poupée de Amel Bouslama, généralement nue, a été installée sur des éléments en fer à béton, signés par Jean Chazy. Un choix de la part des deux artistes pour faire allusion à la fragilité du monde. Entre «le hasard objectif» de A. Bouslama et «le hasard nécessaire» de J. Chazy, si situent les œuvres de deux artistes qui ont choisi de se croiser et de conjuguer leurs efforts pour recréer un espace mental à la recherche d’un autre espace, capable d’accueillir cette charge émotionnelle, ces désirs et ces rêves qui ponctuent l’humanité. Imen Abderrahmani


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com